10 avr. 2012

DERNIERS TEMPS DU MAUVAIS GENRE 2012

Suite et fin de notre double article sur le Fest Mauvais Genre. On a malheureusement loupé le passage où Delépine aurait fini dans un état de ienb intersidéral après la séance de minuit samedi, de quoi affronter sereinement sa masterclass succulente le lendemain.

Le mot de L.M. :

Samedi, la séance de minuit présentait The Bunny Game, un truc qui a surtout fait parler de lui après son interdiction aux UK. Vu la bande-annonce dans laquelle un gros barbu tond puis étouffe une meuf avec un sac plastique, je m'attendais pas spécialement à mater un épisode du Manège Enchanté – à moins que dans la nouvelle saison, Zébulon emmène Pollux dans des trips forcés de near-death experiences chelous –, mais j'ai quand même pas bien compris le délire de ce film. Depuis quelques temps, y'a une espèce de surenchère un peu ridicule autour des quantités de choses à montrer ou non dans le ciné de genre. Y'a eu Martyrs où la violence était plus ronflante qu'autre chose, faute de pouvoir porter son empathie où que ce soit ; dans Bunny Game c'est différent, on change peu à peu de point de vue pour finir du côté du bourreau, ce qui fait que le réal peut difficilement se plaindre que certains relous taxent son film d'apologie de la torture ou je ne sais quoi. Moi, je suis très basique, je le prends juste comme une apologie à faire des films nazes. C'est avouer un manque de talent que de ne laisser presque aucune place à la suggestion ni à l'imagination : on oubliera rapidement ce gonzo-snuff movie Uwe Bollien.
Le lendemain aprèm, on s'est tapé la fameuse séance Mad In France où ont été montrés quelques courts fabriqués et tournés dans nos contrées. Ca a été encore meilleur que les autres années, le registre du débile ayant comme d'hab la main-mise sur l'heure et demi de projections. Résumé des films :
Le Crépuscule Doré : Court diffusé inopinément, histoire de faire la surprise à son réal, Xavier Hibon, présent tous les ans. Au début, en parfaite mauvaise langue, je me suis forcément dit qu'ils en avaient sûrement eu marre de le voir ivre mort, passant son temps à se plaindre à tout le monde que la prog' ait choisi de pas diffuser son truc, mais son film est simplement bel et bon. Ca parle de vieux qui font des choses pas belles aux infirmières d'une maison de repos. Xav' sait écrire des scénars pêchus, vivement un plus long format.
Le Blanc c'est le Meilleur : Dans un entrepôt, deux zombies en train de bouffer discutent. Un noir sert de repas à l'un des deux, qui n'y a jamais goûté. Court dialogue très bien écrit, chute qui a tué la salle de rire : à suivre.
Stress Killer : Le gardien d'un bâtiment se réveille chaque soir pour aller au taff, il tourne au Stress Killer, un genre de Xanax avec un nom cool. Trips psychédéliques et poursuites Benny Hillesques, on sent qu'il se sont éclatés à tourner ce truc, j'approuve.
Zéropolis : Un court bariolé avec des personnages pop, y'a un effort sur l'écriture mais c'est rarement drôle. Aussi je me suis fait chier. En revanche, visuellement c'est bien foutu – je le souligne parce que c'est un court-métrage, sinon je m'en bats les cojones –, et vu qu'ils ont désapé leurs actrices "Lloyd Kaufman staïle" devant lesquelles Vincent aurait été comme un fou, je pardonne. Un peu.
Faim de Mort 2 : Dans une cuisine, un mec confond légumes et cadavres, c'est plutôt dégueulasse et plutôt drôle, un background prend forme peu à peu, c'est bon.
Les Fragments d'Iris : Deux fans de matrix tuent des gens par la pensée en faisant des têtes très sérieuses. A moins qu'ils ne tordent des cuillères. J'ai oublié.
DeadPool Fan Film : "Encore un fan film sur un truc que je connais pas", je me suis dit au début. Bah c'est réussi visuellement, le réal' assume de toute façon dès le départ : « c'est con mais ça bastonne ». Bon résumé.

Le mot d'Akwell :

Comme dans tout bon porno, le festival international du mauvais genre 2012 est du style à ne se terminer qu’après la bénédiction finale. Après cette nuit interdite, le festival nous gardait encore quelques bonnes surprises. La première nous venait tout droit du Royaume-Uni et portait le doux nom de Victims. Pour sa première française, David Bryant, le réal, a fait le déplacement jusqu’au festoch’ pour nous le présenter. Polar psychologique à très petit budget (1500 livres environ), Victims nous raconte l’histoire de Chris McMahon, 31 ans, propre et sain sous toutes les coutures, banquier de son état, sans histoire et prêt à se marier dans l’heure. Enlevé sur le chemin de l’église par un groupe de ravisseurs, le voici bientôt confronté à des accusations d’actes pédophiles et meurtriers. Est-il coupable ? Sa séquestration lui  fera-t-elle sortir des aveux ? Et surtout, sera-t-il à temps pour dire oui à sa douce promise et bouffer la soupe à l’oignon de fin de soirée? Présenté comme un long plan séquence d’1h30, Victims trouve sa place parmi le programme du festival dans la catégorie des films intelligents, développés et techniquement réussis. Les acteurs y sont bons, les dialogues jusqu’au-boutistes, les cuts invisibles, et la mise en scène bluffante. A mettre dans toutes les mains et surtout pour tous les découvreurs de talents.
Jusqu’à présent, le cinéma Thaïlandais s’arrêtait à Tony Jaa, ses doubles kicks, ses courses poursuites de Pouss-Pouss, et les éléphants qu’on lui chourave. Aujourd’hui, la donne a changé, et un petit nouveau a fait son apparition : Saranyoo Jiralak, réalisateur de 9 temples. Un jeune couple part faire la fête à Chiang Mai et trouve sur sa route plus d’emmerdes que le papier allant de la main au fond de la cuvette – j’écris ça aux chiottes, vous excuserez mon impolitesse mais les métaphores y trouvent un autre sens. En plus de devoir se payer des visites de temples pour faire plaisir à maman, les tourtereaux trimballent dans leurs bagages un démon, un karma de merde et un moine pas vraiment bavard. Le film se balade de genre en genre sans se perdre en chemin. De l’horreur au road-movie, en passant par le frisson et le romantisme, le film se place dans un cadre véritablement social avec une réflexion sur la cohésion d’un couple après un an et demi de vie commune, sur le besoin d’appartenance à une entité religieuse en cas de coup dur, ou bien même sur l’avortement et le jugement hâtif. Un film contemplatif et simple d’apparence mais qui se trouve être bien plus complet qu’il ne veut laisser transparaitre. Des discordances de mise en scène  et quelques erreurs techniques sont notées mais restent complètement éclipsés par le travail parfaitement juste des acteurs et du directeur de la photographie. Le coup de cœur auquel on ne s’attendait pas.

Le mot de la fin :

Si on devait résumer notre festival en chiffres : 12 litres de bières, 15 longs métrages, 30 verres de rouge, 25 courts, des centaines de stickers, 1 paquet de bonbons et 3 boites de capotes. Et ça augmente chaque année, comme la température de ta mère à l'entrée de notre rédac'. Ce qui fait qu'on serait très contents que tu viennes l'an prochain pour nous payer des coups. Accessoirement, tu verras un paquet de bons films. Pour finir, nos favoris 2012 : Heavy Girls pour L.M., Victims pour Akwell : on aime quand c'est bon et que ça coûte pas reuch, et on est tellement gentlemen qu'on s'arrête là question analogies. A l'an prochain.

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Fous au moins un pseudo, les anonymes ça nous pète les yeukous.