17 mai 2013

LA MUD À PETIT PRIX

Habituellement lorsque je me mets à cracher sur un réalisateur, c'est irrémédiable et ma haine se propagera sur tous ses travaux, ses adorateurs, et ce jusqu'à sa mort, ou la mienne. Il y a un an je me plaçais dans la catégorie des détracteurs du surestimé Jeff Nichols qui avait gratifié le cinéma de son soporifique Take Shelter. L'engouement alors suscité autour du bonhomme, et son soutien par les hipsters de bas étages, m'avaient entièrement convaincu que cet arriviste de la dernière heure n'était qu'un imposteur idolâtré pour quelques plans bien choisis, essentiellement porté par une veine de cocu et des fanboys aveuglés de connerie. 
Aujourd'hui encore j'en garde quelques doutes, mais son dernier Mud est au cinéma ce qu'une pipe goulue est au sexe consenti (ou non) : une entrée en matière intéressante et une nécessité pour le bon déroulement des événements. Refuser cet élément indispensable peut provoquer des déviances inattendues. « Ah tu veux pas sucer ? Très bien. Boum, je te colle un doigt dans le péteux, tu m'en diras des nouvelles. Tu feras moins ta précieuse la prochaine fois. » Voilà, mieux encore, Mud est comme une paire de phalanges glissée dans ton rectum. Au début ça démange, puis on y prend vite goût et on en redemande plus, et enfin quand on arrive au bout, ça devient jouissif. Sans même l'avoir imaginé, tu te retrouves avec une empreinte digitale dans le colon, que même les experts Miami auront du mal à identifier. Tout en Mud est follement bon, du casting à la mise en scène, du scénario à la photographie, du début à la fin, rien n'est à jeter. 
Jeff Nichols nous ouvre ici une fenêtre sur son enfance de redneck, sur les comportements humains, sur son Amérique des bas fonds et plus précisément sur les bords du fleuve du Mississippi. Là où l'honneur et le respect se gagnent à la force de ses poings et de ses convictions, là où l'enfant révèle l'homme qu'il deviendra, là où l'amour est une traînée de motels à 10$ de l'heure, là où une mandale bien placée vaut mieux qu'un long discours, là où la virilité ne s'acquiert pas avec des t-shirts col V, le torse épilé et une paire d'espadrilles aux pieds. Un sans faute qui me remet à ma place, et qui prouve que le réalisateur n'est pas le faussaire incompétent qu'il m'avait semblé être en premier lieu.
Bon c'est sûr que ça vaut pas Fast & Furious 6, mais ça devrait récolter quelques petites statuettes dorées l'an prochain. Je veux rien te dévoiler de plus sur le film, cours-y tant que t'as encore des jambes, et si t'écoutes pas mon conseil je viendrais te les briser, ça t'apprendra.

15 mai 2013

UN TRANS DANS TRANCE

Dans Trance, James McAvoy et Vinz Cassel se disputent une toile de Goya mais on a tous tépis’ que le nerf de la guerre c’est Rosario Dawson. Vous êtes serious, les mecs ? Vous vous tirez des bastos dans les nouxg’ pour cette moitié de travelo ? Bande de déviants, on dirait Thiago Silva avant l’opération. La meuf, tu l’encules un peu trop fort, direc’ elle te crie « aïe aïe ma prostate ! »
Ah, t’as un full frontal qui prouve le contraire ? Pardon, je savais pas. En effet, le réal Danny Boyle nous gratifie de deux plans xhamsteriens sur la teuch’ lisse comme un parquet de bowling de Rosario. C’est cadeau les potes.
Pour l’anecdote, sachez que ce gros chattard de Boyle s’est tapée Rosario pendant six mois. Salaud, t’as dû te régaler. T’as dû en faire une salade de fruits de son abricot. Dis-moi Danny la malick, tes deux plans sur la vulve de Rosario c’est un témoignage pour l’Histoire ? Un avant / après ? Charognard.
Sinon, Trance c’est typique le film d’un mec capable d’exhiber la foune de sa go : à partir d’un scénar en bois, Boyle te bifle son savoir-faire sur ton front de cinéphile débile. Ça dégueule de couleurs et d’effets de manche, Vinz Cassel parle engliche veri goud ouive hiz amazingue aksente frome Bur-sur-Yvette DiCi, ça te retourne le cerveau avant de te le remettre à l’endroit pour mieux te le ken sur la toute fin. Du bel ouvrage, bravo Suzanne.

9 mai 2013

SOUS SURVEILLANCE : SHIA LABEOUF CHEZ MEDIAPART

Il y a des métiers qu’on ne souhaiterait même pas à son enfant comme par exemple éboueur, vigile ou pire encore… journaliste. Je préfère encore savoir mon fils laveur de carreaux dans un peepshow que journaliste politique. Si toi aussi tes principales qualités sont l’asservissement et la mendicité, dépose vite ton CV à la rédac du Point et de Marianne. Shia Labeouf, lui, a joint une lettre de motiv’ et bim, le voilà journaliss’ à l’Albany Sun Times. ALBANY, quand je te dis que journaleux c’est un métier de roumain.
xhamster > Mediapart
Shia Labeouf est un journaliste en quête de vérité. Il la traque partout. Tout le temps. Plus Shia s’approche de la vérité, plus il arbore une ‘stache noire proéminente. Le mec se prend pour Edwy Plenel. C’est ça ton plan de carrière Labeouf, ressembler à un laitier ?
Quand Robbie Redford disparaît peu après l’arrestation d’une ex-militante d’extrême gauche des 70’s, Shia mène l’enquête. Et c’est peu de dire qu’il a trois longueurs d’avance sur le FBI : le mec n’est pas le genre à passer ses 35h à recopier des dépêches afp. D’ailleurs pour lui, l’AFP c’est moins l’Agence France-Presse que l’Agence des Fils de Pute.
cam4 > Le Figaro
Comme il ne bosse pas pour un gratuit, Shia conserve une haute opinion de son taf : quand un flic le menace, Shia lui rétorque un imparable « ah ouais !? et ben je vais l’écrire dans mon journal ! » Un bonhomme. Le jour où il tombe dans une rixe, entre un cutter et le traitement de textes, le mec choisit Word. « Cogne-moi et ton nom figure dès demain en page 5 de mon journal ! Azy dégage ou épelle-moi ton patronyme ! Abdelkader…comment tu dis ? »
Sinon, Sous surveillance c’est du Robert Redford tout craché : soporifique. Le mec a créé un festival de ciné indé US alors qu’il est certainement l’un des plus mauvais réals américains en (fin d’) activité. Tu ressembles à rien Robbie, t’es old, qui porte encore des vestes de jog’ Reebok ? On dirait le trésorier d’une association de volleyeurs. Casse-toi.
En bon journaliss’ d’investigation que je suis, j’ai mené l’enquête, attention scoop : ce n’est pas Robert Redford à l’écran mais bel et bien Jane Fonda. Tremble Mediapart.