21 oct. 2014

WHITE BIRD : SAFE FOR WORK

Gregg Araki c’est le type de queer quinquagénaire qui passe son temps à faire des films sur  les premiers émois sexuelles d’adolescents fragiles et qu’a bête de street-credibility dans les chaumières. En France on a Abdellatif Kechiche, moralement ça coule moins bien auprès des ménagères mais ça ponce des palmes d’or à Cannes. Et oui madame. Que dire de la qualité des films d’Araki ? On t’a déjà donné une réponse pour Kaboom, est-ce que White Bird est à la hauteur de la trique du sus-cité délice filmique et de ces prédécesseurs ? Nop, même si Gregg reste quand même un assez bon coup ça n’a plus rien à voir avec cette fois où on s’était choppé complètement stone devant Smiley Face. THC TMTC, Tétrahydrocannabinol ma gaule.
Hé Gregg les mecs d’MTV viennent d’appeler, ils veulent récupérer leur plan-taille sur des adolescentes sophistiquées super bandantes qui marchent en écoutant de la musique, c’est pour un clip de 1D. Premier constat donc, pas mal de trucs sont complètement superficiels dans White Bird. Certaines répliques font vraiment sorties d’un sac “gimmick du poseur hipster” et logiquement elles sont associées aux personnages les moins intéressants dont les caractères sont aussi épais que les cuisses de Cara Delevingne. Ça fait forcé du genre “hé regarde mes personnages sont COOLS ;) ;)”. Et puis il s’est passé un truc avec le cinéma d’Araki (je sais pas trop quoi, la vieillesse ?) qui me fais me demander si il est-il possible de se plagier soi-même ? (vous avez deux heures). Moi j’ai l’impression que la fraîcheur et l’énergie sexuelle d’Araki se sont dissous dans son autosatisfaction à faire du Araki. A vérifier mais avec ce film il est possible que Gregg ait découvert une nouvelle technique de masturbation par asphyxie auto-érotique, moins rapide que celle de David Carradine mais tout aussi fatale.

Je suis sévère mais le bousin reste largement enjoyable, carrément même, boudons pas notre plaisir, ne mâchons pas nos mots. Déjà, l’argument teens en chaleur : pfffuuuutain de Shailene Woodley... Avec un nom comme ça si tu payes pas tes eins dans un Araki à 22 ans t’as raté ta life. Bonne perfo, convaincante, une belle gueule à fioule, bref une gonze du ciné-game comme je kiffe. Deuxième argument : Eva Green ponce le rôle de la ménagère psychosée comme personne. Troiz, c’est du Araki, avec un visuel toujours aussi plaisant même si on a parfois l’impression de voir la  vie à travers des filtres IG.  Enfin, bonne BO bien que trop présente comme si il fallait à tout prix cacher la vacuité de la vie par un tube de The Cure. Non mec, laisse s’installer le silence, il est beau, et pendant que tu y es refais moi un plan sur les seins de Shailene tiens.
Je ne piperai mot sur l’histoire, les films s’apprécient toujours mieux quand on sait pas devant quoi on se trouve, mais le tout laisse une arrière goût de trop sage et subversif plan plan, safe for work. J’ai toujours ce truc pour Araki qui me force à lui répondre quand il m’appelle à 4h du mat’, mais je sais que ça sera jamais comme avant et qu’un de nous deux repartira frustré, me laissant sur un dilemme : je retourne me toucher devant Kaboom ou je trouve une conclusion à la chronique de son dernier film ?

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