Allez te fie pas au titre racoleur de cet article, en vrai je vais te parler de ma grande passion pour la néo-culture japonaise. L'autre jour, je suis allé voir le nouveau dessin animé de Hayao Yamakazi : La Colline des Coquelicots. Moi, en grand fanboy, je pouvais pas le louper, j'avais déjà vu tous ses précédents, Golio sur la Falaise, Princesse Mononukléose, Le Dachau Ambulant, Pearl Harbour et tous les autres. Allez ça va, je blague petit fan de j-pop, reviens.
Mais faut quand mettre reconnaître que qualifier d'animé le dessin constitue déjà un micro-foutage de gueule en soi : par-dessus les backgrounds probablement générés par ordinateur est apposée, par seconde, près d'une seule image, souvent celle d'un personnage répétant par cycles les mêmes mouvements. Dessin animé ou gif animé ? Etant d'emblée plutôt ouvert d'esprit et ayant déjà été impressionné par certains gifs sur internet, j'ai fait l'effort de continuer. Au Japon, il est ce clivage millénaire entre les hommes et les femmes et les robots qui parlent. La Colline des Coquelicots laisse cependant les robots de côté. Il y est seulement question d'Umi, une lycéenne innocente et déjà emprunte de cette classique soumission chère à la phallocratie japonaise, ou plutôt à la microphallocratie japonaise, si l'on tient à respecter les proportions. Son père marin est mort durant une guerre quelconque, la deuxième et mondiale je crois, quant à sa mère, étudiante, elle l'a abandonnée pour partir en Erasmus pendant dix ans, une sorte d'émancipation par l'absurde là dénoncée. Pourtant, Miyazaki, le réalisateur, est un grand féministe : c'est pourquoi il débute son film dans une cuisine, Umi en tablier, préparant le repas ; une chanson engagée accompagne en rythme son décrassage d'assiettes sales, dont nous parviennent des vers assassins tels que "L'eau glougloute dans la casserole, l'huile fait frifri dans la poêle". Tous les pères japonais emmèneront leur petite fille au cinéma ce week-end.
Umi est la lycéenne avec les plus gros daddy issues de tout le Japon, mais est probablement une fille tout à fait banale pour Miyazaki. Alors qu'il est mort depuis plusieurs paires d'années, elle pense à son papa chaque jour, et lorsqu'elle s'amourache d'un garçon, c'est parce qu'il ressemble à son père. Normal, nous dit Miyaz', puisque ce garçon est son propre frère. Le film dévie alors sur une histoire incestueuse qui ravira par ailleurs les fans de Dragon Ball qui se touchent généralement sur des photos de japonaises s'insérant des poulpes dans le fondement (pas d'ethnocentrisme, s'il vous plait). Parce qu'elle est fragile et soumise et surtout persuadée que mœurs est l'anagramme de morues, Umi fait savoir à son frère qu'elle est malgré tout disposée à prendre soin de son gros arbre généalogique. Lui, le jeune homme japonais, refuse.
Tous les nœuds de l'histoire, sans jeu de mots, tendent à démontrer que la femme japonaise est une grosse brêle manuelle. Bon, c'est certes vrai pour la plupart d'entre elles, on n'a encore rien vu d'à la fois japonais et féminin aller dans l'espace, si ce n'est une sonde ; mais Miyaz', lui, s'en bat les couilles : lorsque le Quartier Latin, ce vieux bâtiment réservé aux clubs de pensée et de science exclusivement masculin, est menacé d'être détruit à cause de son improbable mélange de poussière et de foutre, Umi va ramener ses copines pour passer un coup de swiffer et repeindre le tout aux couleurs de la gay-pride histoire de sauver la mise. Grand merci les connes ! On vous rappelle d'ici trois piges pour commencer la ponte annuelle. Je cite.
A la fin, Miyazaki fait revenir la mère, parce que son petit cerveau de femme aurait d'après lui finalement compris qu'elle ne pouvait pas abandonner sa fille à cette société de gros déviants. Au nom de tous les japonais et les japonaises, je t'adresse un grand merci Miyaz', grâce à ton film, un gros film de merde qui plus est, les ménagères sont heureuses de se prendre du rab de vaisselle pour encore une bonne génération. Just as planned.






















