1 mai 2011

ON ETAIT AU FESTIVAL MAUVAIS GENRE : PART 2

Avant que sonne l'heure de la review de la tant attendue nuit interdite, je vous chronique ce qui s'est passé le lendemain. On sait, c'est pas très chronologique tout ça mais peu importe, le festival ne s'arrête pas là. Il reste encore trois jours de projections, de larmes, de fous rires, de sexe et de bières fraiches. Vu qu'on n'est pas des lève-tôt et que cette conne de Nadine a oublié le réveil avec tous nos slips propres à la rédac. On renfile nos slibards souillés, mais manquons une conf' sur le ciné ricain de genre des 70's. Qu'à cela ne tienne, l'après midi nous réserve d'autres surprises.
Après nous être sustentés, on nous offre une projo coréenne du nom évocateur de The Neighbour Zombies. Mis en scène par quatre réalisateurs différents, le flim offre un long métrage composé de six « sketchs » axés sur un synopsis commun. En 2010, le vaccin du sida a été trouvé, malheureusement on s'aperçoit un peu tard que celui-ci développe chez les vaccinés une mutation pour le moins inquiétante. En quelques semaines, le virus se propage sur la surface du globe avec pour point de départ la Corée du Sud et plus précisément à Séoul.
Six chapitres, totalement différents et pourtant complémentaires prennent alors forme sous nos yeux pour rendre un résultat excellent parsemé de touches acidulées, envoûtantes, violentes, poétiques et rythmées. Certaines parties sont meilleures que d'autres bien évidemment, mais avec des constructions scénaristiques et des techniques de shoot toutes différentes les unes des autres; le flim puise sa véritable force dans la diversité et la richesse de leurs réalisateurs.
La journée touche à sa fin, et laisse place à une soirée où tous les plaisirs seront permis. Après avoir raté la séance de Red, White & Blue de Simon Rumley, nous pénétrons alors dans le ciné à la recherche d'une ambiance gaillarde et moite. La salle s'est désemplie, mais laisse place aux amoureux transis du old porn des 70's venus voir Derrière la porte verte. Réalisé par les frères Mitchell, Jim et Artie, anciens étudiants de ciné et réalisateurs de nombreux loops – petits flims érotiques montés en boucles et destinés à une projection continue – , le flim retrace une aventure interraciale érotico-masquée portée par Marylin Chambers et George S. McDonald.
Il est de notoriété pubienne que l'industrie du pron n'a jamais vraiment prêté attention aux scénarios des flims X. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Dans un restau routier où quarts de vin rouge et cafés sont de mises, deux chauffeurs bavardent d'une légende urbaine avec le cuisinier, celle de la Porte Verte. Dans un hôtel, une jeune femme est enlevée, et se retrouve emmenée dans un club privé où les participants sont masqués. Préparée et mise en conditions, la jeune blonde se retrouve sur scène livrée aux folies perverses de ses geôlières et de l'assistance lubrique et passive. Le désir montant, les tabous s'effondrant, la soirée se transforme bientôt en une orgie active où se mélangent acteurs et spectateurs. Cette anecdote a-t-elle vraiment eu lieu ? Est-ce la réalité, un fantasme, une illusion ?
Le flim est vraiment composé de deux parties, l'introduction et la pénétration. Le fait est que l'introduction se fait en douceur avec une qualité de tournage plutôt déplorable, tandis que la seconde partie fait surgir une facette différente de celle vue jusqu'à présent avec une insertion violente dans le monde du voyeurisme. L'éclairage, le cadrage et les zooms se font de meilleure facture qu'auparavant. La caméra devient alors un outil chirurgical, qui dissèque chaque corps, chaque plan avec une volupté, une sensualité et un désir indéniables. La mise en scène devient presque dramaturgique avec un jeu théâtral allant de la procession religieuse au spectacle circassien de trapèzes en passant par une allégorie sur l'esclavagisme et le colonialisme. Le flim enchaîne les scènes sur fond de climat onirique pour atteindre le point d'orgasme du coït. En guise de final, on assiste à un ballet slow-motion kubrickien d'éjaculations faciales. Un flim qui laisse des traces et un goût amer.
C'est sur cet acide constat que s'achève la seconde partie de la festival review. Accrochez vos slips, dès mardi on passe la troisième ! – Merde. Avec une catchphrase comme ça, je suis bon pour faire les taglines des prochains Besson.

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Fous au moins un pseudo, les anonymes ça nous pète les yeukous.