11 août 2014

STEALING VIVIAN MAIER

Récemment, un fils a fait un film, Finding Vivian Maier, un truc à propos d'une artiste morte, parfaitement inconnue de son vivant, dont il a découvert le taff par hasard.
La meuf : Vivian Maier, née en 1926 à l'âge de 40 ans, moche, nourrice de métier, pure street photographeuse. Le fils deup' : John Maloof, un branleur d'une vingtaine d'années, étudiant en on ne sait quoi, qui malgré sa virginité s'la joue gros mac avec sa découverte.
Tu vois, quelque part ça me prend la tête de parler de ce film tellement le mec le mérite pas, donc retiens juste mon chaton d'être vigilant quand tu mates ce genre de docu. Maloof fait pas un film sur Vivianne, mais sur sa découverte : il s'approprie l'oeuvre, sinon la life d'une meuf qui non seulement lui a rien demandé, mais qui lui aurait même probablement craché un bon vieux glaire à l'ébola sur son petit faciès immonde d'adolescent cainri, n'eut été sa mort en 2007 sur un banc comme une militante du front de gauche. Voilà.
Maintenant, Vivian Maier. Une Céfran apparemment expatriée dans les années quarante aux youhaisses, à Chicago. Ses parents morts, elle bossera comme nourrice pour plusieurs familles successives jusqu'à sa mort. Si tu t'attends à des scènettes de film de uc' avec de la nourrice délurée, remballe tes oilp, Vivian a été autant touchée au cours de sa vie qu'un bouquin de poésie dans l'appart de Secret Story. Du coup, elle compense avec la street photo : elle se trimballe dans les rues du ghetto avec son Rolleiflex pour voler des portraits, des instants en blackènwhite 6x6 du Chicago post-WW2.

Et v'là les photos. Apparemment plus de 150 000 clics, dont des autoportraits de bâtard. C'est simple, elle s'assied post-mortem sur le trône du game pour une raison simple : comme Booba et Jay-Z, Vivian porte pas de slims, elle a des grosses yeukous. Elle fout la honte à la plupart de ceux qu'on considérait comme les boss de la street photo, à qui t'as maintenant juste envie de dire de s'approcher, de prendre leur temps pour viser, de caresser leurs sujets. Désormais, tu captes que Bruce Gilden fait peur aux vieilles, bosse sûrement exclusivement sous drogue et a la classe d'une pom pom girl après cinq shots de tequila. Tu te dis qu'Helen Levitt devrait retourner photographier des chiards, la street photo au 50mm c'est pour les tantes. Cartier Bresson ? Des compos de baisé qui viennent de se prendre un fatality. T'es bon en maths mais où est la vie ? Elle s'est tirée dans les clichés de Maier.
Vivian a balancé une grosse queu-cla sur la joue de plusieurs générations de photographes. Une queu-cla matelassée par un gant blanc de fiotte brodé au nom de John Maloof. Restez libres et aux aguets mes potos.

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Fous au moins un pseudo, les anonymes ça nous pète les yeukous.