11 sept. 2013

SHIT HOUSE DOWN

Douze ans après les tragiques évènements du 09/11, l'Amérique s'est relevée mais garde en elle une cicatrice qui ne pourra jamais disparaître, un souvenir qui la hantera pour toujours. Elle qui s'est longtemps crue à l'abri du danger, elle qui pensait être la plus puissante de toutes les nations a dû apprendre à se reconquérir et à se reconstruire tout en réaffirmant ses principes, mais en changeant sa ligne de conduite. Il y a eu un avant et il y a eu un après, toutes les industries ont été touchées et l'audiovisuel US n'en a pas été exempté.
Après 2001, toutes sortes de films et de séries tv gravitant autour de la sécurité nationale ont fleuri, influence et conséquence directe des attentats sur les scénaristes, mais aussi process nécessaire pour redonner confiance à une population meurtrie. Les flics, espions et autres agents du FBI et de la CIA n'ont jamais eu autant la cote. Les réalisateurs prennent plaisir à imaginer des attaques terroristes pour introduire un héros/antihéros du dimanche qui sauvera l'avenir de la nation, voire du monde, de ses petites mains, faisant par la même occasion la part belle au patriotisme et à la grandeur d'âme siglée U.S.A. L'exploitation de ce type de scénario a été vue et revue des centaines de fois sous toutes les formes possibles et imaginables, pourtant il aura fallu attendre 2013 pour revoir un symbole puissant de l’Amérique tomber sous le coup du terrorisme : la maison blanche. Et franchement, on aurait pu s'en passer. C'est le triste constat que l'on a en sortant d'une séance de White House Down : long métrage composé de scènes d'actions minables et désordonnées mises bout à bout pour 2h15 de calvaire. Syn: ramassis de matières fécales montées en mousse au chocolat ou déposées sur pâte sablée.

 Ce dernier Roland Emmerich vient une fois de plus alourdir le tableau de chasse déjà bien gratiné d'un vétéran du nanard patriotique amerloque. Ce mec est une purge. Sans rire, comment pourrait-il en être autrement ? Tout dans son film est mauvais, et nous amène à constater qu'en 2013, un mec qui possède autant de moyens, qu'ils soient financiers ou matériels puisse encore réaliser une daube sans nom sur fond de bannière étoilée flottant au vent. Bon, c'est pas comme si je ne m'y étais pas préparé. Je savais de quoi le bonhomme était capable, mais après l'échec en demi-teinte du dernier Fuqua sur un sujet équivalent, on était en droit d'espérer de Roland que son film saurait éviter les pièges dans lesquels son prédécesseur était tombé ; à savoir les clichés gros comme mon poing, les thèses conspirationnistes, les raccourcis scénaristiques et la médiocrité dans toute sa splendeur.
Au contraire plutôt que de les éviter, il semble qu'il s'y soit précipité et se soit roulé dedans jusqu'à en être entièrement recouvert. Pire, son film surpasse même au plus haut point ce qu'on pouvait craindre, et parvient presque à rehausser le Olympus has fallen et le catastrophique Air Force One comme des chefs d’œuvre du genre. Il est d'autant plus détestable qu'à aucun moment le film ne trouve sa véritable nature. Sous couvert de quelques répliques et de péripéties/gags, il essaye de se frayer un chemin entre le film d'action et la comédie, et parfois même tente de se tourner en dérision à la manière d'un nanar assumé, mais le navet est bien réel.
La direction d'acteur est absolument ahurissante, chacun y est en roue libre. Jamie Foxx y incarne un président niais et impersonnel, Channing Tatum cabotine en marcel et costard du début à la fin, flingue à tout va, enchaîne des répliques – supposément drôles, à l'écoute de l'hilarité démesurée de ma voisine de salle – avec la grâce et la répartie d'une loutre dépressive. Il finit par n'incarner qu'un personnage brouillon aux allures d'un John McClane de la mauvaise époque. Je ne vous parle même pas du reste du casting, ce serait leur accorder de trop d'importance.

Les personnages sont mal écrits pour ne pas dire bâclés, le script est si mal cousu qu'il se dévoile entièrement dès la troisième minute du film, le cadrage quant à lui est approximatif, les décors sont essentiellement composés de fonds bleus, et surtout, surtout des effets spéciaux foutrement dé-gueu-lasses. On a franchement l'impression que les CGI ont été sous-traités par une équipe d'aveugles nord-coréens qui bossent avec des moufles. Autant, le mec n'a jamais été raccord avec une qualité d'effets spéciaux dignes de son époque, autant il se dé-crédibilise totalement lorsqu'on se souvient que ceux d'Independance Day étaient de meilleure facture que ceux là, pourtant 17 années les séparent. Les dialogues y sont plus creux que l'entre-seins de Nabilla. En revanche, il est bon de noter que le film possède malgré lui un moment d'anthologie, lorsque de la bouche de la gamine, qui s'adressant à un méchant ayant déjà buté 25 personnes, fait pété la moitié de la maison blanche et retient le président en otage ; lance un franc et obvious : « tu vas aller en prison pour ça ! »
Mon conseil ? Fuyez pauvres fous !

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NOTE : 0 / 5
Je donne une note de O conspiration judéo-maçonnique sur 5 à The White House Down.

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Fous au moins un pseudo, les anonymes ça nous pète les yeukous.