18 août 2010

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE : FAIRE COURIR ET CRIER SALLY HARDESTY

C’est l’été, il est 15 heures du matin, vous venez de vous réveiller d’une sombre nuit éthilée. Apeuré vous jetez en premier un rapide coup d’œil sur votre téléphone portable. Ouf, aucun coup de fil de ces connards de l’agence d’intérim, vous allez pouvoir vous toucher jusqu’à 19h30, le temps que maman ou papa fasse à manger. Si vous avez oublié d’être propre vous ne passerez pas par la case soins et hygiène corporelle. De toute façon dès ce soir vous rejoindrez sûrement toute votre bande de potos alcolos pour vous la recoller. Une chose est sûre entre temps vous ne manquerez pas d’aller jeter un coup d’œil sur ASBAF, parce qu’ici, même en période estivale, on continue de faire chauffer la bande passante avec des statistiques qui font mouiller Google Analytics et aussi ta petite sœur. Et puis comme vous avez raison ! Depuis qu’Akwell et L.M. ont décidé d’arrêter d’investir dans les pailles nasales en platine pour se payer des stagiaires à la place, ce lieu est en passe de devenir la Mecque des films cools.
Et le film cool du jour c’est The Texas Chainsaw Massacre. Edition 1974, bien évidemment. Réalisé et écrit par Tobe Hooper, ce lascar n’avait sans doute aucune idée de l’élan qu’il allait impulser dans le monde du cinéma en contribuant à faire basculer les films d’exploitation d’un bizness à un genre et d’un genre à un art. Les films d’exploitation, pour ceux qui sortiraient juste de leur cour de catéchisme, c’est ce genre qui mise tout sur le côté lubrique, pervers, violent, spectaculaire (ou n’importe quel adjectif qui se rapporterait à quelque chose de déviant) de leur production pour attirer le chaland. Pour la rétrospective on peut citer quelque films mignons comme Cannibal Holocaust, Halloween, Salò, Eaten Alive! ou encore, pour le plaisir : Last Orgy of The Third Reich. Ca c’est pour les films que tu n’as jamais osé voir. Il y a aussi Mad Max, Le Bon la Brute et le Truand ou Boulevard de la Mort pour les plus accessibles.
Mais revenons à TTCM. Accouché en à peu près 5 semaines dans des conditions difficiles, avec un budget plus petit que les allocs que tu touches à la fin du mois, soyons clairs, ce film fait honneur à son genre en étant brutal, violent, sale et pour ne rien gâcher fascinant. Des acteurs franchement crédibles dans la douleur et l’horreur jusqu’à la musique orchestrée par un bruiteur psychopathe qui se résume à des fracas assourdissants et des chocs stridents complètement barrés : c’est une réussite complète. Tout ça va bien dans l’époque de recherche musicale que sont les seventies, c’est presque un trip psychédélique vers les tréfonds de la violence qui s’offre à vos oreilles exorbitées. L’image aussi est soignée, les plans, le grain, le rythme des scènes qui s’enchainent sont on ne peut plus pertinents pour ce type de film. Le pitch, pour en parler quand même, se résume en une phrase : Une bande de potes hippies en vacances rencontre une famille de cannibales. Bien entendu ça va très mal se passer. La famille anthropophage en plus d’être dégénérée à force de se marier entre frères et sœurs (on s’ennuie facilement, dans le Texas) a de sévères penchants pour le macabre et la boucherie. Un background narratif qui n’aura finalement qu’un seul objectif : Faire courir et crier Sally Hardesty.

Et elle va douiller, la mignonne. Toute l’exploitation sadique repose sur elle, c’est la last-stand girl, celle qui traverse tout le film pour n’endurer qu’encore plus de souffrances. Présentée comme un personnage plutôt attachant, s’occupant bien de son petit frère paraplégique, jolie, l’actrice sera le lien entre les scènes de gore invraisemblables et la compassion du public. On aimerait qu’elle s’en sorte indemne, mais Tobe Hopper est un vrai salaud, et en plus il a de l’imagination. L’autre ressort du film, moins flagrant, c’est la bouffe. La viande humaine assimilée à de la charcuterie et LeatherFace (celui qui tient la tronçonneuse) dans le rôle de boucher suffisent à créer l’ambiguïté culinaire. Le double sens est tellement tenace que pendant une scène de dîner mémorable, on ne sait plus très bien qui est là pour manger quoi, jusqu’à ce que le petit fils clarifie la situation : « Hé Grand-Père, on te laisse son cerveau ! »
Puis, quelques digressions sanglantes plus tard, vient le clap de fin. Suite à un dénouement à couper le souffle, aussi subtil et fin qu’une tranche de chorizo découpée à la tronçonneuse, restent deux sentiments. Celui d’avoir vu film singulier (à part si vous avez chié dans votre froc) et celui, plus fort, d’avoir été profondément dérangé, car Hopper applique à ses scènes de carnages une rigueur presque documentaire. Ainsi, en ayant « presque » ce pied dans la réalité, il devient pressant pour le spectateur d’apporter un sens à ce qu’il vient de voir. Comme un enfant, il faut vite rationnaliser le choc. Dommage, vous n’en aurez pas le temps, vous venez de recevoir un coup de fil de l’agence d’intérim. Ils vous ont trouvé un job d’été sympa, vous allez faire de la découpe dans l’abattoir bovin du coin.

Les 15 commentaires idiots

  1. Tu va attirer une fatwa sur nos gueules à parler halal en pleine période de jeûne.

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  2. Superbe critique écrite avec brio ! Je n'ai, à mon grand dam, vu que le remake du film mais là j'ai envie de visionner l'ancien ainsi qu'un furieux besoin de me taper une tranche de saucisson !

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  3. Non mais ça fait longtemps qu'Al-Qaida a décidé de nous attaquer en nous envoyant des hordes de connasses fans de twilight

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  4. "asbaf is under mongoliennes-attack"

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  5. Il va falloir investir dans un bouclier anti-missiles alors L.M... Ou alors on peut cacher des mines sous des T-shirts Twilight, ça marcherait bien !

    @Von Hasse Lique, Merci bien ! Je n'ai aucune idée de ce que donne le remake... Mais l'original vaut à mon avis le détour, sauciflard à la main bien entendu.

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  6. alain&alain19/08/2010 22:43

    Bah merde! Le mec qui dit qu'il a vu que le remake...bah putain! Bah merde.

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  7. c'est bien bon mais jusqu'à la 2eme entrée en scène de l'agence d'intérim j'ai cru que ça restait de l'intro, ça m'a laissé sur ma faim... Tant pis, jvais aller pécho un steak au boulot.

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  8. Voici ma nouvelle blogue poéthique...

    Poésie étrangère

    Et, toujours :

    Sur le pont d'Avignon. Le coup frappa l'enfant à la mâchoire. Il resta debout. Souriant. Le tireur: rien. Le fusil: aucun. Et il y avait cette aube et ce soir pleins des expectations les plus brillantes.

    Poétudes

    S'il vous plait...


    - Peter Ingestad, Sverige

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  9. Poster bourré à 11 heures du mat' en semaine c'est triste putain.

    Putain ouaip ce blog devient triste tout d'un coup là.

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  10. en plus je découvre que ce dégénéré poste ses merdes partout sur blogger.

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  11. Du sang, d'la violence et d'la bouffe. Mais où sont les putes bordel ?!

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  12. Cotillard et Laurent n'étaient pas encore bankable à l'époque.

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  13. "Suite à un dénouement à couper le souffle, aussi subtil et fin qu’une tranche de chorizo découpée à la tronçonneuse"
    Que voulez-vous dire par là ? Comment avez-vous interprété la fin du film ?

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Fous au moins un pseudo, les anonymes ça nous pète les yeukous.