29 janvier 2012

LES MANGAS : DE LA GROSSE MERDE PHALLOCRATE

Allez te fie pas au titre racoleur de cet article, en vrai je vais te parler de ma grande passion pour la néo-culture japonaise. L'autre jour, je suis allé voir le nouveau dessin animé de Hayao Yamakazi : La Colline aux Coquelicots. Moi, en grand fanboy, je pouvais pas le louper, j'avais déjà vu tous ses précédents, Golio sur la Falaise, Princesse Mononukléose, Le Dachau Ambulant, Pearl Harbour et tous les autres. Allez ça va, je blague petit fan de j-pop, reviens.
Mais faut quand mettre reconnaître que qualifier d'animé le dessin constitue déjà un micro-foutage de gueule en soi : par-dessus les backgrounds probablement générés par ordinateur est apposée, par seconde, près d'une seule image, souvent celle d'un personnage répétant par cycles les mêmes mouvements. Dessin animé ou gif animé ? Etant d'emblée plutôt ouvert d'esprit et ayant déjà été impressionné par certains gifs sur internet, j'ai fait l'effort de continuer. Au Japon, il est ce clivage millénaire entre les hommes et les femmes et les robots qui parlent. La Colline aux Coquelicots laisse cependant les robots de côté. Il y est seulement question d'Umi, une lycéenne innocente et déjà emprunte de cette classique soumission chère à la phallocratie japonaise, ou plutôt à la microphallocratie japonaise, si l'on tient à respecter les proportions. Son père marin est mort durant une guerre quelconque, la deuxième et mondiale je crois, quant à sa mère, étudiante, elle l'a abandonnée pour partir en Erasmus pendant dix ans, une sorte d'émancipation par l'absurde là dénoncée. Pourtant, Miyazaki, le réalisateur, est un grand féministe : c'est pourquoi il débute son film dans une cuisine, Umi en tablier, préparant le repas ; une chanson engagée accompagne en rythme son décrassage d'assiettes sales, dont nous parviennent des vers assassins tels que "L'eau glougloute dans la casserole, l'huile fait frifri dans la poêle". Tous les pères japonais emmèneront leur petite fille au cinéma ce week-end.
Umi est la lycéenne avec les plus gros daddy issues de tout le Japon, mais est probablement une fille tout à fait banale pour Miyazaki. Alors qu'il est mort depuis plusieurs paires d'années, elle pense à son papa chaque jour, et lorsqu'elle s'amourache d'un garçon, c'est parce qu'il ressemble à son père. Normal, nous dit Miyaz', puisque ce garçon est son propre frère. Le film dévie alors sur une histoire incestueuse qui ravira par ailleurs les fans de Dragon Ball qui se touchent généralement sur des photos de japonaises s'insérant des poulpes dans le fondement (pas d'ethnocentrisme, s'il vous plait). Parce qu'elle est fragile et soumise et surtout persuadée que mœurs est l'anagramme de morues, Umi fait savoir à son frère qu'elle est malgré tout disposée à prendre soin de son gros arbre généalogique. Lui, le jeune homme japonais, refuse.
Tous les nœuds de l'histoire, sans jeu de mots, tendent à démontrer que la femme japonaise est une grosse brêle manuelle. Bon, c'est certes vrai pour la plupart d'entre elles, on n'a encore rien vu d'à la fois japonais et féminin aller dans l'espace, si ce n'est une sonde ; mais Miyaz', lui, s'en bat les couilles : lorsque le Quartier Latin, ce vieux bâtiment réservé aux clubs de pensée et de science exclusivement masculin, est menacé d'être détruit à cause de son improbable mélange de poussière et de foutre, Umi va ramener ses copines pour passer un coup de swiffer et repeindre le tout aux couleurs de la gay-pride histoire de sauver la mise. Grand merci les connes ! On vous rappelle d'ici trois piges pour commencer la ponte annuelle. Je cite.
A la fin, Miyazaki fait revenir la mère, parce que son petit cerveau de femme aurait d'après lui finalement compris qu'elle ne pouvait pas abandonner sa fille à cette société de gros déviants. Au nom de tous les japonais et les japonaises, je t'adresse un grand merci Miyaz', grâce à ton film, un gros film de merde qui plus est, les ménagères sont heureuses de se prendre du rab de vaisselle pour encore une bonne génération. Just as planned.

21 janvier 2012

THE DARKEST HOUR: LES 5 CLES DE LA REUSSITE

C'est l'histoire de deux putes dans un ascenseur, .. ah vous étiez là? Pardon. Aujourd'hui, je vous propose de devenir célèbre, de niquer plein de gonzesses – et de manger des trucs bien meilleurs qu'ici –. Vous avez toujours vécu chez vos parents ? En bourgogne, de surcroit?  Vous avez besoin de pognon et toujours eu envie de faire carrière dans le cinéma ? Cette chronique vous est toute dédiée. Chez ASBAF, quand on veut faire plaisir, on n’y va pas de main morte. Plutôt que de vous énumérer les 500 raisons qui font de The Darkest Hour une bouse interplanétaire, je me concentre aujourd'hui pour vous livrer les cinq clés qui permettent de réussir dans le bizness', côtoyer des stars internationales et accessoirement devenir producteur de ciné connu et reconnu.
Clé 1 : Choisissez un scénar con comme la lune. Adaptez-le.
Mauvaise idée ? Loin de là. Pour le prouver, nous allons prendre comme exemple Timur Berk... et M. Night Shyam... En plus de jouer des coudes dans le sprint final de celui-qui-aura-le-patronyme-le-plus-inprononçable-de-tous-les-temps, les mecs sont des arrivistes qui ont réussi dans la grande industrie visuelle amerloque avec des scénarios tous plus cons les uns que les autres.
Par exemple, Night se conforte dans des scénarios dits polars surnaturels. Le mec te fout un fond de polar et d'enquête pour torcher son film sur une fin où t'apprends que c'est soit un fantôme, soit un super héros, soit c'est le vent qui tue. Ouais le mec est tellement balèze que pour soutenir son pitch jusqu'au bout : il fait faire une course poursuite à ses protagonistes contre le zef. Si, si. Malgré tout, il continue de se faire financer par la grosse catin hollywoodienne tant qu'il garde la même cible de spectateurs au QI sensiblement égal à une colo de trisos en visite au zoo.
On le sait bien les russes ne sont que des pâles copies des américains. Timur Berk... ne déroge pas à la règle. Il prend exemple sur son comparse et lui pompe, en plus du nœud, le genre et le public. Après avoir massacré des comics sur grand écran tout en étant ressorti blanc comme neige, pourtant il suffit d'avoir son BEPC pour piger que c'est pas en donnant à ton flingue un mouvement avant d'appuyer sur la gâchette que ta balle pourra faire des tournis dans les airs et buter 17 Bad Guys en même temps. Enfin cette fois Timur veut faire encore plus fort : Des américains tentent de survivre à Moscou suite à l'attaque d'une menace invisible. Terriblement simpliste, mais cela permet de justifier les explosions et les effets spéciaux à tire-larigot. Si vous n'avez pas d'idée crédible pour votre ending, vous pouvez toujours adopter la stratégie Spielberg : les extra-terrestres. D'accord, mais qu'est ce qu'ils viendraient foutre ? Bah, on a qu'à dire qu'ils viendraient nous tirer nos ressources souterraines, comme ça, ça fera genre une critique de la société et comme ça d'une pierre trois coups.
NB : Pour savoir si votre pitch est bon, il doit tenir en 140 caractères. Ça permet de le tweeter facilement et d'être sur qu'il n'y a pas une once d'intelligence dedans.
Clé 2 : Appliquez la stratégie du bouclier.
Ne déconnez pas avec cette clé, votre street cred en dépend. Foutez un illustre inconnu aux commandes, genre un chef décorateur chez les autres peut très bien faire l'affaire comme réal chez vous. Dans tous les cas, c'est vous qui réaliserez mais ça vous laisse une marge de manœuvre pour sauver vos miches. Bien évidemment, cela vous permettra de vous faire mousser et de récolter les palmes en cas de succès du film. En cas d'échec cuisant, c'est le réal qui sera trainé dans la boue ; pratique. Dans tous les cas vous vous en sortez bien et vous encaissez le pognon. Finalement, Timur ne fait qu'appliquer la stratégie dite Poutine, du nom de son chef suprême. Coïncidence ? Je ne crois pas.
NB : J.J Abrams n'est pas disponible, Spielberg s'en sert pas mal ces derniers temps.
 Clé 3 : Les acteurs au rabais.
Pour que votre flim se fasse, il vous faut bien évidemment des acteurs de qualité. Bon pas trop non plus, sinon leur cachet sera plus élevé que votre budget Maquettes et Dynamite. Prenez plutôt des acteurs qui ont eu un certain succès à un moment donné mais qui se sont vautrés à leurs derniers métrages. Pour le coup, Timur a choisi Emile K. Hirsch, le roi de la cerise. Même si sa prestation dans Into The Wild n'était pas mauvaise, ce n'est pas avec le petit revers de Milk et d'Hôtel Woodstock qu'Emile pourra se remettre du luminescent flop de Speed Racer. Revoyez donc son cachet à la baisse. Prenez également deux à trois autres blaireaux histoire de donner un semblant de contenance à votre scénario. Si le budget le permet, prenez également quelques clodos ruskovs un peu débiles, ça ne peut qu'ajouter un cachet comédie burlesque au film. Et bien sûr n'oubliez pas la bonnasse de service qui voudra bien montrer sa paire de tétés. Même de loin, dans le noir, et en wonderbra peu importe, il faut un peu de chair si vous voulez attirer le chaland de boobies et de petits culs. Pas la peine de trop la payer, prenez une actrice de second plan, celle qu'est bien mignonne mais à qui on a jamais proposé de grand rôle. Ici, c'est Olivia Thirlby qui se colle dans la peau de la potiche, même si sa poitrine n'a pas de quoi nourrir une portée de chatons, son visage mérite une biffle à lui décrocher les globes oculaires.
NB : Adrien Brody vous fait des appels du pied ? Ignorez le, préférez-lui Nicolas Cage.
Clé 4 : Tentez les plans chiadés, rabattez-vous sur des effets foirés.
Vu que votre réal ne sait pas filmer, et que le cadreur est probablement le coiffeur du coin de la rue, ne prenez pas en compte les plans ratés. Sinon comme Timur, proposez-lui de faire des plans de travers, le fameux plan du réal qui ne sait pas filmer mais qui trouve que ça donne du style. Ça ne justifie en rien, mais ça donne l'impression d'être volontaire. De la même manière, si vous remarquez des incohérences scénaristiques ou des faux raccords, laissez les. Vous n'allez tout de même pas refaire des scènes, vu le pognon dépensé, faudrait voir à pas se foutre de votre gueule. L'avion arrive sur Moscou de nuit, et atterrit le matin ? Pas grave. Dans le pire des cas, on considèrera que vous avez voulu faire un nanar assumé.
NB : Si le coiffeur a un planning surbooké, prenez l'épicier du coin. Ces foutus étrangers n'en branlent pas une de la journée.
Clé 5 : Sortez-le en 3D.
Eh ouais, cette salope de troisième dimension est maintenant la réponse à tout. Vous voulez engranger des masses inconsidérables de dollarz, foutez de la putain de 3D dans votre abomination que vous appelez flim. Cela permettra de justifier le prix exorbitant des places de cinémas. 12,50€ la place pour le spectateur déjà muni de sa paire de binocle, imaginez le profit. Même si le flim est un échec commercial, le nombre de spectateurs de la première semaine suffira à combler l'investissement. Les semaines d'exploitations suivantes seront les détentrices de votre profit. Bon faut pas rêver, il n'y a que les français qui sont capables de durer 20 semaines avec une histoire de chaise roulante ou de facteur du Nord Pas de Calais.
NB : Trois à quatre semaines d'exploitations vous permettront d'avoir le budget nécessaire pour votre prochaine réalisation : Abraham Lincoln : Vampire Hunter 3D.
Voilà, vous avez maintenant toutes les clés en main pour devenir riches et célèbres. Ne nous remerciez pas, c'est tout naturel. Un petit chèque à l'ordre d'ASBAF de 70% des recettes engrangées nous suffiront amplement. On pourra peut-être même payer un psy à temps plein pour Vincent. Pensez tout de même à nous inviter pour l'avant-première, on ne voudrait rater ça pour rien au monde. Allez, au boulot les feignasses ! ... et donc la pute lui répond, nan mais si j'avais su, j'aurai plutôt pris un bifteck.

19 janvier 2012

MILLENIUM : QUAND FINCHER A SUÉDÉ UN FILM SUÉDOIS

David Fincher, le réal' de Millenium, est un mec qui n'aime pas trop se faire chier. Toutes ses journées se ressemblent. Au petit matin, vers quatorze heures, David se fait tirer de son lit à baldaquin par Graziella, sa concierge mexicaine payée au black, qui le colle illico dans son fauteuil roulant, un truc gigantesque serti de pierres précieuses. David n'est pas handicapé. C'est juste qu'il n'aime pas trop marcher. Graziella pousse alors Doudou vers la vaste salle à manger décor Louis XV, s'arrête devant la table, lui met fourchette et couteau Laguiole dans les menottes ; aujourd'hui, en guise d'entrée, elle lui a préparé une brunoise de concombres avec sa gelée de tomate. Un superbe râble de lapin au romarin et sa tombée d'épinards fraîchement cueillis occupent une assiette à droite, tandis que des poivrons confits, sous leur filet d'huile d'olive, scintillent à gauche. « Chpéchialmente por vous, Méchié Finchère », fait la bonne. David comtemple deux secondes la table puis lève le menton vers Graziella : « Tu te fous de moi, Speedy Gonzales ? Dis-le clairement si tu tiens à ce que j'te colle dans le premier bus pour Veracruz ». Il s'interrompt pour baver approximativement dans son crachoir avant d'ajouter : « Va m'mixer tout ça dans un grand verre et ramène une putain de bière ». David n'aime pas trop mâcher.


Quand il est question de faire des films, c'est pire. J'ai vu son remake du premier opus de la trilogie suédoise Millenium, à l'origine sortie en bouquin – mais ça, si t'as pas vécu ces cinq dernières années la tête dans un micro-onde, t'es au courant. Le titre original donne Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. Mais sans doute de peur que l'Américain de base ne croie à un bouquin/film traitant d'une bande de tapettes fêtant l'an 2000, ils ont nommé le remake The Girl with the dragon tattoo, ménageant ainsi les cons et leur portefeuille, particulièrement ceux qui tapent régulièrement dedans pour un premium chez SuicideGirls.com. Y'a quand même eu rarement plus con comme titre de film. Le larbin de Fincher s'est sûrement ramené un jour, genre « Hey Dave, j'ai vu ce truc européen avec une fille qu'a un tatouage de dragon dans le dos, elle stalke ses amis Facebook puis fait des sextapes, enfin j'ai rien calculé au film mais l'actrice est bonne », ce à quoi il a dû répondre « Vendu, on n'aura qu'à appeler ça La fille qu'a un tatouage de dragon, tu me fileras le dvd, maintenant arrache-toi. Ah et en sortant tu diras à la Conchita de faire cinquante pompes, ça lui fera les pieds à cette bouffeuse de tacos. »
Concernant le film, The Girl with the dragon tattoo est un vaste copier-coller qui arrondit les angles. Il y a repompe jusqu'à certains plans. Dès le départ, Fincher a voulu nous la mettre profond : son trailer, jugé par cette baltringue de Bret Easton Ellis meilleur que la plupart des longs-métrages sortis ces dernières années, nous vendait un truc un minimum rock'n'roll, une adaptation plus couillue même que l'original, en clair, pas cette copie carbone. Surtout qu'il ne pouvait pas s'empêcher d'y glisser sa micro-touche mongolienne perso qui arrive à elle seule à saboter sa merde de 2h30. Tous ces traits d'humour pas drôles qui n'ont jamais marché dans aucun de ses précédents films. Tous ces détails explicatifs chiants pour être bien certain que la ménagère élevée à American Idol ne se paume pas trop. Ben ouaip, ça serait con de faire déborder sa cuillerée de matière grise alors qu'elle compte aller faire un tour chez Walmart après le film pour relancer l'économie mondiale, enfin à son niveau de femme au foyer hein, parce qu'en dehors de Procter & Gamble c'est le cosmos pour la grosse. Aussi parce que Fincher a choisi une actrice reloue, Rooney Mara, pour succéder à Noomi Rapace. Reloue et moche. Une tronche à faire chialer un champion de poker.
Lectrice, lecteur, ne va pas voir ce Millenium. Vois plutôt l'original si ce n'est fait. Pour ceux qui n'ont pas calculé le titre de mon article, "suéder" signifie faire le remake d'un film de façon la plus cheap possible. Je propose que l'on arrête de suéder les films. On devrait plutôt les fincheriser. Un film fincherisé est aussi pourri qu'un film suédé, mais il allonge 150 millions de dollars. Bonne non-séance et bon jeudi.

15 janvier 2012

J EDGAR : HOOVER THE TOP

C’est l’un des rendez-vous que je ne rate pour rien au monde. Mon mercredi matin chez mon urologue le Dr. Jean-Edgar Ovère, cinquante ans de métier et un anticommunisme qui n’a d’égal que son professionnalisme, pour soigner cet herpès contracté lors du Nouvel An avec une lectrice. Laquelle ? Jean-Edgar l’ignore encore mais en grand pro du renseignement qu’il est, il privilégie pour l’instant la piste d’une lycéenne de 1ère STG. Ou une étudiante en BTS mercatique. Un nid à virus peu recommandable quoiqu’il en soit. L’autre rendez-vous de janvier que je ne manque jamais, c’est la sortie du dernier Clint Eastwood. Il y a deux ans, il sortait Invictus, son biopic sur Morgan Freeman : j’y étais. L’an dernier, Clint foutait Cécile de France à la flotte et conférait à Matt Damon des pouvoirs de médium dans Au-delà : j’ai dormi. Cette année il balance J. Edgar, son portrait de l’énigmatique fondateur du FBI.
Retrouver Eastwood à chaque début d’année, c’est comme empocher ses étrennes chez mamie, ça sent le vieux, on y cause que de gens morts mais rayon pâtisseries mémé elle dégomme le tout-venant de l’entremets calorique (comprendre Hollywood et tout le tintouin). En 2012, le plus ricain des réals yankee s’attaque à John Edgar Hoover, de sa prise de pouvoir jusqu’à son dernier souffle, de la montée du communisme aux States jusqu’à l’émergence du black power, soit soixante ans d’Histoire américaine sur 2h15 de bobines. Ce qui revient à 5 mois d’Histoire de l’Amérique par minute de film. Va falloir vous accrocher les teubés. Ou vous munir d’une frise chronologique pour vous repérer. Au choix. Warning : une femme a essayé de voir J. Edgar, résultat : rupture d’anévrisme au bout d‘une demi-heure. Ce film est dangereux.
Paré de son légendaire filtre gris-clair, la Tom Stern’s touch qui labellise chaque film de Clint « classique instantané », J. Edgar convoque mille thèmes qui dans un sens ou l’autre évoque forcément Eastwood lui-même : un réac et Son Amérique, un facho et sa sensibilité, une figure américaine et son héritage, un mythe et sa toute-puissance, une enflure et sa paranoïa… En regorgeant ainsi de pistes de lecture, J. Edgar passionne au-delà de son sujet même si Hoover reste tout de même l’attraction n°1 de son biopic. Eastwood éclaire certaines zones d’ombre de la vie du dirlo du FBI, notamment le déni de son amour homosexuel envers son second Clyde Tolson. Les scènes dans l’intimité du duo John Edgar/Clyde, faite d’un amour répugné et impossible, constituent le plus beau morceau du film, Eastwood filmant cette tragédie de chambre avec une délicatesse qu’on lui croyait perdue. Séquences émotion à prévoir donc, particulièrement lorsque l’on apprend que le boss du FBI était en réalité une grosse tante et qu’il avait à la place des couilles deux trompes de Fallope et les Hoover qui vont avec.
J. Edgar marque donc le retour de Clint aux récits plus ambigus où la vérité des faits importe moins que la trace de pneu qui en demeure. C’est précisément ce recul qui confère au film sa grandeur toute eastwoodienne : lorsque l’homme prend le pas sur le cinéaste. S’il s’agit indubitablement de la marque des grands hommes de ce monde, dans le cas de Jean-Edgar Ovère, l’homme a rarement pris le dessus sur l’urologue - et dans un sens tant mieux. A l'instar du vrai Hoover, j'espère que le doc emportera ses dossiers confidentiels dans sa tombe. Si vous saviez les saletés que je me trimballe sous la ceinture, lectrices d'amour...
Prochain rendez-vous chez le Dr. Ovère : mercredi prochain. Prochain rendez-vous avec Clint Eastwood : A star is born en 2013. Je vous laisse deviner lequel me tarde le plus.

10 janvier 2012

TAKE SHELTER : TEMPÊTE DE MERDE

2012, il est 23h dans mon ciné de quartier, je suis devant Take Shelter le film évènement de ce début d'année et c'est aussi excitant que d'attendre la mort enfermé dans le département juridique de l'association philatélique de la Creuse. J'ai du griller mon cerveau aux endorphines en 2011 je ne trouve aucun intérêt à Take Shelter, c'est tellement chiant que le film mériterait un festival de Sundance à lui tout seul. 0/10, déception, non c'est vraiment pas une manière de commencer 2012, je me dis que même un téléfilm aurait plus de substance mais je persiste quand même à rester productif. Le temps passe, Jeff Nichols enchaîne les gros plans sur la face tordue de Michael Shannon biglant sur des tempêtes qu’il est le seul à voir. Moi de mon côté j’ai le temps de te sortir toutes les bonnes résolutions pour que Take Shelter rejoigne à jamais les heures sombres de l’histoire. Bonne année !
Résolution 1 : Ne plus écouter les gens qui conseillent Take Shelter, ce sont sûrement les mêmes intellectuels maniérés qui vous ont conseillé de lire l'Alchimiste de Paolo Coelho quand vous étiez au lycée ou des cons qui pompent une opinion sur Filmosphère.
Résolution 2 : Dans le film, le personnage principal raconte que sa mère avait 30 ans quand lui en avait 10, et qu'à cet âge là son grand frère en avait 17. Un rapide et futé calcul plus tard tu te rends compte que sa mère a eu son premier gosse à 13 ans. Une bonne résolution pour Jeff Nichols serait donc de faire un film sur la vie de la mère de Curtis ou d’apprendre à compter.
Résolution 3 : Arrêter de regarder les films qui passent sur M6 pendant les grandes vacances, ça spoil complètement la construction et la réalisation de Take Shelter.
Résolution 4 : Réduire de trois quarts les 100 minutes du film sur 120 qui peignent le portrait d’un américain moyen et de sa peur de tomber dans la folie. Ce long build-up en plus d’avoir été déjà vu mille fois ne sert de base qu’à un twist qui trahit complètement le peu d‘homogénéité du film.
Résolution 5 : Ne plus pomper ses twists sur Shutter Island. A en juger par le nombre de “mais en fait il est pas vraiment fou ?” à la sortie de la séance je crois que Denis Lehan a encore de beaux jours devant lui.
Résolution 6 : Arrêter le coup du rêve, plus éculé y a peut-être les blagues sur le nouvel an, mais pas sûr, les chercheurs de Télérama sont sur le coup.
Résolution 7 : Il faut demander la canonisation de Jeff Nichols, plus de deux heures de métaphores religieuses ça ne suffit pas à faire un bon film mais ça fait un sacré cours de catéchisme.
Résolution 8 : Arrêter d’invoquer des rebondissements inintéressants que n’importe quel cinéconnard s'est lassé d'avoir vécu maintes et maintes fois dans le cinéma ces 100 dernières années.
Résolution 9 : Construire des abris aussi grands ça ne peut que cacher des troubles érectiles, alors on conseille à Curtis une bonne prescription de Viagra 8000 parce qu’un maniaco-dépressif qui a la trique ça promet d’envoyer du lourd.
Résolution 10, qui va avec l’abri bad-ass ci-dessous :


6 janvier 2012

LE PACTE : NICOLAS CAGE EST UNE GROSSE MENAGERE

On est vendredi 6 Janvier, je prends cinq minutes pour vous toucher deux mots. On s'est réveillés seulement ce matin de notre réveillon, les tapis de la rédac' baignant littéralement dans deux centimètres de punch. Faut donc que je vous raconte notre 31 et comment on a fini devant Le Pacte avec Nicolas Cage. Pour faire simple, on a planifié notre Nouvel An en prévoyant d'inviter seulement quelques amis proches, histoire de prouver qu'on peut arrêter de faire les cons au moins une soirée en 2011. Le 31, alors qu'on ramait encore pour rédiger la liste des convives, je m'arrêtai deux secondes pour échanger un regard avec les tauliers. Nous rîmes alors comme des ours devant l'évidence : je mis le feuillet en boule, marquai un trois points dans la corbeille puis décrochai le téléphone :
Grosses Putes 2000 ? C'est L.M., j'ai besoin d'une spéciale ASBAF ce soir.
– Pardon ?
– Ouaip je disais pour ce soir tu m'mets de côté Katrina, Lucile ainsi que toutes leurs sœurs.
– Grosses quoi ? L.M. ? c'est toi ?
– ...Papa ?
– Fiston mais qu'est-ce que tu racontes ?
– Je... Doux Jésus papa mais depuis quand travailles-tu chez GP 2000 ?
–  Quoi ? Mais qu'est-ce que.. je te signale que tu appelles sur mon portable là ! ...Allô ?
Subissant vraisemblablement les effets pervers d'une défaillance de mon téléphone cellulaire voire d'un complot juif, je raccrochai et chopai les pages jaunes. Akwell proposa que l'on attende le réveillon en cramant notre fin d'aprèm dans un mauvais ciné. Comme 2011 avait déjà raccroché les gants ainsi que la ceinture de champion teintée de marron, on mit nos manteaux pour aller voir : LE PACTE.

Le Pacte (Seeking Justice), c'est l'histoire un peu con d'un prof, Nicolas Cage, dont la femme se laisse un soir aborder de façon romantique pour subrepticement se faire molester à coups de batte, tandis que lui, à quelques centaines de mètres, a le nez tranquillou dans une partie d'échecs avec son ami Noir. Partie qu'il perd, évidemment, parce qu'entre parenthèses, Nick Cage dans la vraie vie serait le genre de type foutu de prénommer son chat Tom et Jerry : jusqu'ici, à trois minutes de pellicule, tout est bien crédible. On dévie ensuite rapidement du revenge-movie auquel on aurait pu s'attendre lorsqu'un type en imper va venir voir Cage à l'hosto, alors au chevet de sa femme, pour lui proposer de mettre à profit son organisation secrète de malade : il peut faire flinguer le coupable, la Justice ne pouvant de toute façon rien contre ces tarés. 
Un monologue argumentatif ronflant nous révèle que son organisation secrète de malade ressemble quand même sacrément au récent regroupement de connasses de mamans en colère (en France) qui ont, souvenez-vous, poussé un vieux à crever d'un arrêt cardiaque parce qu'il traînait soit-disant trop près de l'école primaire du village. C'est certain, un enfoiré de pédophile qu'il fallait abattre. Nick Cage, en grosse ménagère, accepte le biz. La contrepartie n'est pas financière, il s'agira simplement de leur rendre la pareille dans le futur. Le coupable se fait donc flinguer, nom de code à la con associé : Le hibou ravi jubile. Ellipse de six mois, la meuf de Cage a soigné ses gencives à la Biafine  – sans connotation – et lui se retrouve embarqué dans les embrouilles. Le film part ensuite dans des délires de poursuites Fight-Clubiennes complètement surréalistes. Bref c'est naze, mais...
...Si le réal' proposait une seconde lecture ? Tout le monde a défoncé Le Pacte, mais ne serait-ce pas parce que tout le monde est très con ? Sans rire : pour faire mine d'accepter le biz de l'organisation secrète de malade, Nic Cage doit discrètement acheter deux Twix dans un distributeur. / Au lieu d'une menace badass à son encontre, celle-ci est écrite avec les lettres-aimants fluo du frigo, et ce, deux fois de suite. / Cage, alors qu'il est simplement censé guider à lui le bad guy par téléphone histoire d'échanger des données compromettantes, le fait aller pisser, se laver les mains puis acheter un hot dog. / Les funérailles d'un type se passent dans un bar et le portrait affiché est une sorte de photo Myspace du défunt en train de faire un fuck à sa webcam. / J'en passe. Le problème, et ce qui peut faire douter, c'est que tout ceci est très inconstant. Roger Donaldson est donc soit un débile ayant fait son film pourri sans même calculer les perles du scénar proposé, soit un génie suicidaire béni d'une paire gigantesque. Moi, je ne crois pas aux coïncidences.
En revenant du ciné, la nuit tombée, Vincent a ramassé Katrina, Lucile et leurs sœurs devant la porte. On a joué aux échecs contre elles, perdu toutes nos parties, j'ai donc bu, enfermé Ramona nue sur le balcon et balancé le chat par la fenêtre. 2012 : nous voilà.