Il a bercé l’enfance de nos grands-parents, je ne parle pas du maréchal Pétain. Il a bercé l’enfance de nos parents, je ne parle pas du Abbey Road des Beatles. Enfin, il a bercé notre enfance via ces mêmes albums à la devanture cornée et aux cases jaunies, je parle bien entendu de Tintin. Des Cigares du Pharaon au Lotus bleu, les albums de Tintin se sont transmis d’une génération à l’autre - un peu comme l’antisémitisme - et gamins, nous nous sommes promis de les offrir un jour à nos mômes. Car voilà ce que représente Tintin au-delà de ses aventures à Jakarta, Tombouctou ou Auschwitz : un passage de témoin. Une partie de notre enfance que l’on lègue pour qu‘à leur tour nos moutards résolvent l‘affaire Tournesol.
Problème. Que fera la prochaine génération de Tintin ? Transmettra-t-elle à son tour les fameuses bds de Hergé ou se contentera-t-elle d’un fichier .avi du Tintin : le secret de la Licorne réalisé par Spielberg ? Déjà que les Belges se sont faits tirer les frites par McDonald’s, ils ne leur restent plus à leur patrimoine que Tintin, alors agissons. Comment ? Comme en 1964 lorsque Tintin et les oranges bleues est sorti : nos aïeuls ont eu le bon goût de le trouver merdique et de renvoyer illico presto Jean-Pierre Talbot et Jean Bouise direction Moulinsart.
Fort d’un budget de 135 M$ pour s’octroyer les tout derniers Intel Pentium du marché, Spielberg & Jackson ont rassemblé ce que l’univers compte d’informaticiens pour concevoir « un hommage vibrant à l’œuvre de Hergé » serti de pixels et d’eurodollars investis dans le cachet d’acteurs hollywoodiens méconnaissables une fois motioncapturisés. Toute la thune ayant été dilapidée au rayon multimédia de la fnac, Spielby et Jacks ont recruté les seuls scénaristes acceptant de bosser pour pas un radis : Stephen Moffat (Docteur Who) a signé le script, Edgar Wright (Scott Pilgrim) et Joe Cornish (un type bon en grammaire je suppose) ont rajouté des vannes pour enfants en bas âge - des rots. Le reste de cette entreprise n’est qu’informatique, logiciels, modélisations de coordonnées (x,y,z) et rails de coke (en stock) à 8h du mat’.Il l’a prouvé avec Indiana Jones lorsque la critique européenne lui a soumis Tintin sous les yeux, Spielberg, le picarresque ça le connait. L’être pur et curieux aka Tintin, c’est l’archétype spielbergien en chef. Sur le papier, Spielby est donc l’homme de la situation, Hergé de son vivant lui ayant d‘ailleurs donné sa bénédiction. Qu’est-ce donc que ce bordel à l’écran alors ? Niveau adaptation : pas une trace des frères Loiseau. Envolés ? Niveau graphisme : chaque personnage a un nez maousse en travers de la figure, on se croirait à Groland. Niveau mise en scène : hormis des réflexions dans à peu près tout ce qui reluit (miroir, flaque, le visage de ta sœur), Spielberg nous ressort les mêmes course-poursuites que celles d’Indy 4. Tintin arrive à son climax lorsque Haddock rote son whisky dans le réservoir d’un avion pour le relancer, on sent vibrer à cet instant « l’hommage au génie de Hergé » dans toute la salle. Pour finir, félicitations à Gad Elmaleh qui est autant impliqué dans le film que Stéphane Guivarc’h dans la victoire française de la Coupe du monde en 98 : 2 minutes à l’écran pour autant de répliques, une belle carrière à l’internationale qui se confirme après son rôle d’envergure dans le dernier Woody Allen.
Tin mé vivemen ka mé zenfans c mwa ke jleur trensmete le dvd 2 Tintin komen ki von tro etre konten franchmen, mer6 stivene chpilbergue t tro for lol.































