24 août 2011

TA PREMIERE SEANCE DE SCIENTOLOGIE

On va t’auditer, t’entends, on va te faire voyager. Tu aimes les voyages judéo-trans-temporels ? C’est bientôt mais chaque chose en son temps, on ne voudrait pas bouleverser ta dynamique fondamentale. Bon la première étape c’est de trouver un cinéma et de payer 12 euros pour le film de formation et les lunettes d’appréhension spatiales 3D. Voilà, tu vas suivre les enseignements du grand druide Martin Campbell, si tu es chanceux tu auras le droit de te marier spirituellement avec un doyen de grade V, c'est-à-dire que lui réalise des acrobaties testiculaires pendant que toi tu comptes jusqu’à dix. Mais bon reprenons, il faut te préparer pour ton audition, suis bien mes instructions à la lettre si tu veux que ça marche, et n’oublie pas Xenu te surveille. Donc : Assis-toi bien confortablement, fais la moue et pendant que tu imites le beuglement de la vache frotte toi les lèvres du bout de l’index de bas en haut et de haut en bas. Bravo, tu as désormais la posture idéale pour regarder Green Lantern.
Voici la grande vérité cachée : tu vois fils l’univers est divisé en 3600 secteurs, chacun gardé par un gardien à qui on a confié une bague qui lui donne des pouvoirs sans limites et un costume ridicule. Le gardien de la terre a la particularité d’avoir un humour de merde et toute cette joyeuse bande de luron sont menacés d’extinction depuis qu’une entité de peur nomée PARALAX a été libérée. Je sais pas toi fils mais moi j’avais pas entendu scénar plus perché que depuis la fois où deux burnes dans une robe de bure me racontaient comment un zombie juif était mort et ressuscité pour racheter mes péchés aux yeux de son père qui est à la fois lui-même et saint-esprit parce qu’une biatch sous influence reptilienne avait croqué la pomme du mal de l’arbre sacré dans le jardin de dieu. C’est pas demain la veille qu’ils comprendront au Vatican et à Hollywood que la SF n’est pas un exutoire à toutes leurs inventions les plus ahuries.

Ce film n’est pas un divertissement familial, ce n’est pas familial, ce n’est même pas un divertissement… qu’est-ce qu’est ce film ? A l’origine c’est la franchise censée remplacer Harry Potter, ça veut dire que c’est calculé savamment par des experts de l’industrie du cinéma spécialisés dans le marketing direct pour que tous ces cons gobent sans problème cette daube infâme et acceptent Green Pisse comme le nouveau symbole de leur génération d’adolescents attardés. VOILA, voilà où en est. Vive le 7e art. Rien n’est à sauver, à part ton âme, fils. Ce qui me fait penser qu’on a du pain sur la planche avant d’avoir fini d’exorciser les esprits qui sont à l’origine de tous tes maux (mis à part tes MST, on t'as déjà dit d'arrêter de tourner dans les skins party).
On va donc achever ta formation, tu es prêt ? Fais bien ce que je dis surtout sinon ma blague de fin est toute niquée et ton cycle menstruel cosmique sera brisé. Allez. Alleeeeez. Merci c’est sympa pour ma chute. Donc 1 serre ton poing droit, 2 plisse les yeux, 3 ouvre la bouche et répète lentement le mot « gaga » jusqu’à la fin de l’expérience. C’est la que ça devient compliqué, 4 avec une phalange de ton index tu vas venir frapper doucement 10 fois tes gencives. Go !







Les nanas se débrouillent mieux que les mecs à ce que je vois..







Fini ? Bien joué tu viens de te faire deep-throater par un être invisible ! Ta formation est finie tu nous dois donc 1500e. La dianétique c’est magique ! 

21 août 2011

LES SCHTROUMPFS DANS TON CUL HIHIHI

Hey, aujourd'hui je vais te raconter la fois où je suis allé voir Les Schtroumpfs au cinéma. Si tu lis ASBAF c'est que tu fais un peu partie de l'élite, tu sais de quoi je parle, bien que tu ne sois probablement qu'un pauvre connard de trente piges ou une tanche de lycéenne, mais moi je m'en fous, je t'aime bien quand même. En revanche, si t'es tombé ici en tapant "porno singe" sur google, que t'as moins de seize ans, vis dans une commode et que ta passion consiste à guetter chaque lundi l'arrivée de Pétanque Magazine, tu ne sais peut-être pas que les schtroumpfs sont de petits êtres bleus à chapeaux blancs qui vivent parmi les champignons aussi paisiblement que ta sœur vit au milieu de ses mycoses purulentes. Aussi, si tu as effectivement moins de seize ans, casse-toi de mon site.
Les Schtroumpfs 3D. T'as peut-être eu le malheur de mater Les Visiteurs en Amérique ; en substance on est dans le même délire : un produit du terroir bon ou mauvais traîne son cul en Californie et se cambre à donf quand Hollyfoutre rachète les droits. Le film commence comme une histoire classique des schtroumpfs, c'est-à-dire de façon chiante. On nous présente tous les schtroumpfs possibles et comme d'hab, Gargamel (Hank Azaria dans le rôle) essaye de les tuer, en vain, alors qu'il habite à environ dix-sept mètres de leur micro-village à la con. Ca commence vraiment quand le Grand Schtroumpf et quelques autres de ses petits copains (la schtroumpfette, le téméraire, l'intello, le costaud et le maladroit) tombent sur un passage qui les téléporte tout droit aux Youhaisses, en plein New-York. Voilà. Si on voulait résumer le début, on dirait d'abord que Gargamel n'a jamais été foutu de choper ses voisins en cinquante ans de carrière, mais surtout que cette tanche vit à deux pas des Etats-Unis d'Amérique : Jean-Fion Gargamel, chômeur, laid comme un cul et vivant avec son chat, préfère consacrer l'intégralité de sa vie de merde à élaborer des plans pour choper des bonhommes bleus qui n'existent de toute façon que dans son imaginaire plutôt que d'aller sniffer de la coke sur le cul d'une mineure à Las Vegas. Bien.
Ca me paraissait un peu trop facile de taper sur Les Schtroumpfs 3D. Un peu comme tout le monde a tapé sur le film avec Bieber. Sur ASBAF, on n'aime pas trop la facilité. Les Schtroumpfs est donc un film vraiment sympa comme tout, frais et visuellement convaincant, doté d'un scénario à rebondissements. Si tant est, évidemment, que tu sois un mongolien non-voyant de cinq ans et demi. La prise de son par exemple est tout à fait réussie. Et au niveau du casting on trouve Sofia Vergara et sa doublette d'accessoires en plastoc, ce qui est forcément un plus dans les films pour enfants pervers. On regrettera peut-être les blagues scatologiques et celles relatives aux couilles d'Azraël (le chat juif) insérées toutes les cinq minutes. Même les chiards dans la salle n'ont pas ri. Ils avaient de toute façon le nez dans Sofia.
Bref. Quand j'ai vu qu'un film sur les schtroumpfs allait se faire, j'ai vu le truc se ramener à cent bornes : tous ces cons de critiques ciné de l'internet allaient forcément faire chier le monde avec des blagues en schtroumpf. J'ai pas cherché deux secondes que voici un exemple : « Ce film est une immonde schtroumpf, qui donne envie de schtroumpfer » – en large sur le site filmosphere.com. Hilarant. Il parait qu'en Bolivie, on fout en l'air des condamnés à mort en les forçant à lire filmosphere.com. Ils claquent d'ennui dans les vingt secondes. Ensuite hop, un coup dans le four à pain, on transvase le souvenir dans un bol commerce équitable et zou direction la famille. Gracias la blogosphère.
Sur ce, faut encore que je ramène la cousine de Vincent chez elle. On a le même avis sur les Schtroumpfs 3D ; elle a même trouvé le titre de mon article. Bon week-end.

18 août 2011

A LA RECHERCHE DE LA COMEDIE DE L’ETE

L’été, c’est de coutume, on croise une fille au stand de glaces dont on s’éprend follement à mesure qu’elle déglutit son esquimau fraise, affichant à peu de frais l’étendue de ses qualités de femme. Mais avant de la ramener dans ta Quechua 2 secondes et de devenir la pornstar de ton camping, il te faut passer par une étape indispensable à tout projet de creampie : le ciné. Puisque femme qui rit à moitié dans ton duvet, Hollywood a pensé à ton zboubz et s’est transformé en un Lolywood tout terrain. Plusieurs options :
Le contexte : campeur expérimenté, en 2011 tu passes à l’étape supérieure et prévoit de démonter la patronne du camping plus de fois que tu as dépiqué ta tente, assouvissant enfin le fantasme que t‘a survendu la presse féminine, la femme cougar. Le film : Bad teacher avec Cameron Diaz.
Le contexte : en bon animateur de colo que tu es, les kids t’aiment. Et tu le leur rends bien. Un peu trop même. Tu t’es d’ailleurs surpris à collectionner les érections en surveillant Charlotte, la petite brune des 8-11 ans qui te rend chèvre avec ses mini-shorts Okaïdi. Le film : Les schtroumpfs 3D.
Le contexte : va savoir pourquoi, tu es le pestiféré de la table de ping-pong et les douches collectives se vident dès ton arrivée, les bad boys du camping ont décrété que tu étais le gros pédé du campement. Alors que non. Tu brandis haut et fier ta différence et te sers de cette ambiguïté pour te rapprocher des filles. Le film : Mes meilleures amies.
Le contexte : workaholic à la petite semaine, tu convoites tellement cette promotion de chef de rayon chez Darty que te savoir en congé te ronge intérieurement. Tu pourris tous les repas partage avec tes histoires de boulot et te réveilles chaque matin dans un duvet moite entouré de kleenex usagés. Le film : Comment tuer son boss ?
On débriefe et on commence par Bad teacher, l’histoire d’un travelo (James Cameron Diaz) qui à l’aurore de la ménopause décide de détourner du pognon de l’Education Nationale afin de s’offrir une vraie paire de boobies et ainsi séduire Justine Timberland. Cameron passe 1h50 à s’adonner au car washing pour récolter 5000 malheureux dollarz alors qu’en vendant trois fois son cul on aurait facilement économisé 1h30 de film. Rien à sauver, pas même Jason Segel, tout juste cette réplique vaguement drôle : « On est allé dîner dans un restaurant éthiopien. Ils commencent à avoir leurs propres recettes de cuisine, ils avancent. » Quant aux Schtroumpfs 3D, je ne l’ai pas vu, ma petite cousine m'a posé un lapin pour y aller avec L.M.
Comment tuer son boss ? a cela de pratique de contenir le scénar en son titre. Trois quidams décident donc de passer à l’acte, las d’être exploités par des patrons psychorigide (Kevin Spacey Jam), demeuré (Colin Farrell Williams) et nymphomane (Jennifer Pimkie Aniston). Le pitch vaut ce qu'il vaut mais le film creuse au final assez peu ses quelques gags, préférant pleinement se reposer sur la bonhomie de son trio (Jason Batman, Charlie Dayaftertomorrow et Jason Suckdespenis), l’asseyant confortablement comme un Very bad trip corporate.
C’est donc Mes meilleures amies qui se taille le bout de gras. Partant d’un pitch usagé (la rivalité de deux demoiselles d’honneur), la star du SNL Kristen Wiig s’est écrit un film sur mesure avec des catchphrases à foison et des instants épiques de honte – dont une scène mémorable (ajoutée au script par Judd Apatow) composée de ces deux mots clés « essayage de robe de mariée » et « diarrhée ». La belle s’impose sans forcer comme la grande dame du rire US, un genre de Meg Ryan mais avec des couilles. Comme à la télé, tout le talent de Wiig est de savoir croquer en trois détails un personnage et de l’installer dans une situation comique, ce qui confère à Mes meilleures amies une rapidité d’exécution assez rare ces derniers temps. Pas mal donc, pour un film avec des bonnes femmes.
Tu sais désormais pour quel film opter si d’aventure une demoiselle souhaite goûter au cœur fondant de ton Cornetto intime. Même si pour une bonne 1h45 de rire et un message des plus explicites, rien ne vaut Bon à tirer.

15 août 2011

LA PLANÈTE DES SINGES : GARE AU GORILLE

On a tous une bonne raison d'aller au cinéma. Les Juilletistes viennent de rentrer de leurs vacances chez mamie Paulette dans le Cantal, tandis que les Aoutiens ont déjà enfilé leurs moules-boules sous leurs costards-cravates de prolos, avec pour idée d'aller se baigner dans un atlantique frigorifié entre deux cuites carabinées à St Jean de beaufs. C'est beau un vacancier. C'est con surtout. Aujourd'hui je vous file un tuyau pour vous mêler à cette chienlit de basse france. Et oui, vous faites partie de l'élite à lire et apprécier les Aytatollah du cinéma, ainsi donc vous risquez de passer pour des condescendants de premier ordre si vous ne vous rameutez vous dans le premier cinéma de quartier qui se présente. Crachez-y vos euros dûment gagnés et engouffrez vous pour deux heures de grand spectacle Hollywoodien sponsorisé Zoo de Beauval. Sur l'écran argenté défilera le flim au nom à rallonge La Planète des singes : les origines, ou La montée de la planète des singes si vous vous trouvez dans un pays de dégénérés de la langue française.
J'entends déjà les rires sarcastiques de mes deux collègues n'ayant pas aimé le dit métrage. Comparant le flim à Mon amie Joe, à Gorilles dans la brume, et allant même jusqu'à dire qu'il est plus mauvais que celui de Burton, ce qui serait en soit un exploit remarquable. Ils peuvent, je ne prête aucune attention à leurs railleries, j'assume entièrement mon plaisir éprouvé lors de la projection de ce blockbuster animal. Je vais peut être perdre de la street cred' au passage, mais peu importe. Au départ, je croyais aller bêtement voir un flim sur les débuts de la révolution du moyen orient. Avec le journal de 20h, on a du mal à différencier la réalité de la fiction. Mais ici, pas question de roi déchu ou de rebellion lybienne, à la place j'ai eu droit à une mise en bouche des bouquins de Pierre Boulle – avec un double L parce qu'il en a deux –.
Le flim prend place à San Francisco, ou Frisco pour les intimes, où une équipe de chercheurs bossent sur des singes. – Pas « sur » comme on le fait avec des canassons hein, l'autre « sur » comme ceux qui leur peignent le trou de balle pour que vos chères et tendres lèvres obtiennent un rouge pute flamboyant –. Ils s'évertuent donc à trouver un remède à cette satanée maladie dont j'ai oublié le nom, et après plusieurs réussites finalement soldées par de cuisants échecs, le projet est abandonné. C'était sans compter sur le con de Will et son côté Brigitte Bardot. Pris de pitié pour un singineot – un bébé singe – Will décide de le ramener chez lui, tranquille mimile. Les années aidant, César grandit et développe des capacités et des facultés surprenantes. En plus il porte des jeans et des pulls.
Vous vous souvenez de la planètes des singes des années 2000 ? Oubliez Helena Bonham-Carter et Mark Wahlberg, oubliez les hommes vêtus de peaux de singes, oubliez les maquillages et les effets spéciaux à deux balles, oubliez cette catastrophe signée Tim Emo-kid Burton. Ici, accueillez chaleureusement James 127 Franco, Freida Slumdog Pinto, Andy Gollum Serkis et John Trinity killer Lithgow emmenés par Rupert Wyatt. Le scénario est simple et c'est probablement ce qui fait sa faiblesse. Pourtant le script est travaillé et détaillé à la différence de ses congénères des studios kainris. Toutes les idées amenées sont traitées jusqu'au bout, même si parfois bâclées dans la démarche de traitement. On apprécie que chaque détail ou scène serve véritablement le scénario et pas simplement à rallonger de 45 minutes chiantes comme la mort. Avec une paire d'heure de pellicule, le flim vous porte de part en part sans que vous ayez eu à un moment l'impression de vous ennuyer. C'est pas non plus le flim de l'année, hein, n'allez pas croire ça, mais ça a le mérite de ne pas être qu'un divertissement abrutissant au budget pharaonique – ta mère – qu'on oubliera une fois la salle quittée.
Quelques bonnes idées sont amenées ici et là, mais la réalisation est mal adaptée pour permettre à son public écervelé d'en apprécier les qualités. Quand le spectateur devrait comprendre une once de ce scénario cousu de fils blancs, il rigole et sort des « whaouh comment le clébard il a flippé sa mère ». Les singes semblent bien plus intelligents que le public croyez-moi. The Rise of the planets of apes n'est pas qu'émerveillement et riches idées, il y a deux ou trois trucs légers notables. J'ai ri aux larmes lors de l'évasion de César, même Scofield était plus crédible c'est dire. De plus, comme dans beaucoup de flims les responsables des cgi ne savent pas compter : quand 25 singes s'échappent d'une fourrière à primates, en plan large ils se trouvent être une grosse centaine. La scène presque finale de l'hélicoptère quant à elle est tout bonnement risible. Et puis, si vous ne le saviez pas, on apprend deux choses. La première, si une invasion de singes venait à arriver, SF est sûrement la ville la plus facile à investir : 500 primates arrivent à retourner une ville de 800 000 habitants en 20 minutes. Plutôt balèzes les macaques. La deuxième, les singes sont rancuniers, les faites pas chier ou vous allez y passer.
En étant complètement franc, on peut pas non plus dire que les acteurs soient excellents. Leur peu de présence à l'écran ne suffit pas à garder de prestations mémorables. Franco est à son habitude ni trop bon ni trop mauvais. Pinto ne sert à rien d'autre au réal que lui permettre de cocher la case du cahier des charges made in Hollywood : la copine potiche et bonnarde. Tom Drago Felton n'a toujours pas la gueule de l'emploi. Le jeune homme donne un jeu similaire à celui qu'il avait dans Potter 7.2 et se trouve être autant expressif qu'une tranche de foie de veau peut l'être. Le seul à tirer son épingle du jeu, c'est Serkis. Spécialisé dans l'art du déguisement et du changement de personnalité, on peut dire qu'il intégre parfaitement la typicité de son personnage et singe parfaitement le rôle de César. En dehors de ça, gros point positif côté CGI, MOCAP et toutes ces conneries. Moi si critique sur le sujet, je n'ai rien trouvé à redire, les animations sont bien foutues – les potes – le rendu est largement au dessus de mes attentes et le flim propose probablement le meilleur résultat de la mocap au cinéma. Même Spielberg et Jackson ne semblent pas avoir fait mieux pour leurs adaptations des aventures du journaliste homo-zoophile belge.
Malgré les incohérences de scénario et les quelques faiblesses notables de réalisation, le flim s'en tire plutôt bien et rentre pour ma part dans la catégorie des bonnes surprises de l'été. Bon allez, assez ri, c'était trop intellectuel pour moi, je m'en vais voir Les Schtroumpfs.

12 août 2011

MEIN MELANCHOLIA BY FURHER VON TRIER

C’est l’homme par qui vient le scandale. Lars von Trier est depuis mai persona non grata à Cannes où il a eu le malheur d’affirmer que Hitler méritait un petit peu plus de considération que ça. Les dictateurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit, n’est-ce pas Gandhi ? S’il fût décrété nazi en 2011, il était en 2009 le plus gros misogyne de la Terre, trustant au passage le podium aux 50 millions de Saoudiens qui lapident une femme pour un oui ou un non. Avec Antichrist dans lequel il filma le pénis de Willem Defoe racler jusqu’au thorax Charlotte Gainsbourg, LVT fût fustigé par ces mêmes personnes qui foncent chaque soir mater les pires déviances du service Premium de youporn. Cette ritournelle du scandale dure depuis ses débuts de réal au point d’éclipser ses films. Lars von Trier, un cinéaste qui divise. Et comme diraient les juifs, il faut choisir son camp.
Melancholia s’ouvre sur un opening extrêmement formaliste : des tableaux quasi vivants de l’Apocalypse vue par le réal Danois, fruits d’une symphonie de Wagner de 10 minutes mais de seulement 16 secondes de film exploitables qui par la magie d’un r…a…l…e…n…t…i x150 donnent ce rendu incroyablement pictural. La fin du monde selon Lars von Trier, c’est la rencontre des trajectoires de la Terre et de Melancholia qui en un souffle provoquera la mort de notre planète, de notre civilisation, de la vie, bref la fin des emmerdes : le mariage hors de prix de Justine (Kirsten Dunst) gangrené par les querelles familiales. Quand Festen rencontre Armageddon.
Melancholia, l’œuvre d’un nazi ? Alors ça m’étonnerait, il y a même un personnage prénommé Abraham. Un cheval. Qui se prend des coups de savate parce qu’il refuse de galoper, la bourrique, craignant sûrement qu’on l’emmène sauter des haies au Vél d’hiv’. Melancholia, l’œuvre d’un provocateur ? Là d’accord. Un film de Lars von Trier est un film durant lequel le public réagit, pouffe, grince, parle : « quelle cruauté dans les rapports familiaux, oulala », « j’espère qu’il dure pas une plombe ton film, ça va nous coûter une blinde en parking » ou encore « t’es sûr qu’on est dans la salle d’Itinéraire bis ? je reconnais pas Fred Testot. »
Faussement sulfureux, si le film a fait fuir une quinzaine de chalands de l’avant-première, ce n’est pas tant par ses scènes choc (un pipi sur le green d'un terrain de golf) que par son esthétique du Dogme (caméra à l’épaule et zoom dégueu). Tout juste tenu en éveil par les boobs surdimensionnés de Kirsten Dunst, on su(b)it la cruelle cérémonie où derrière chaque invité se cache un hater professionnel. Les convives se savent condamnés, nous avec, Melancholia semble si interminable qu’on en vient à supplier Kiefer Sutherland de sortir son gun et de buter cinq, six scandinaves histoire de mettre l’ambiance comme au bon vieux temps des 24.
On suit malgré tout le compte à rebours d’une civilisation qui scrute en son ciel la force du cosmos et a posteriori sa petitesse. Lars von Trier semble ne s’intéresser qu’à la résignation de ses personnages et la limpidité de son propos se veut cinglante : l’Homme est faible et voué à disparaître. Point d’orgue de ce film misanthrope, l’Apocalypse où l’on se prend en pleine poire Melancholia. Nous n’existons plus. Fin du monde. Fin du film. Ce qui inspira ce commentaire plein de détresse d'une spectatrice : « Bon… j’ai une grosse envie de faire pipi. » Pas mieux.

9 août 2011

SUPER 8 : ABRACADABRAMS

ALERT ! INVASION ! Des extraterrestres ? Pire, l’invasion d’un film de JJ Abrams dans les salles de cinéma avec tout ce que cela inclut d’affichages publicitaires placardés à chaque potentiel endroit où tu aurais la décence de poser tes yeux, le décolleté de ta sœur compris. Voici donc Super 8, le blockbuster que l’été attendait, cet hommage spielbergien all-inclusive, ce chef d’œuvre de science-fictionnelle qui eut les honneurs de la couverture made in Paint des Cahiers du cinéma. Six mois que des gens qui ne l’ont pas vu crient au génie sur les toits de l’ignorance et y répandent une rumeur selon laquelle Super 8 serait supra-évènementiel et tout le paquet de conneries qui l’accompagne. ASBAF a mené l’enquête et est remonté à la source de cette rumeur : JJ « Goldman » Abrams, un réal qui à défaut de savoir faire des films a appris à les vendre.
Super 8 est l’histoire d’une bande de pré-ados qui se retrouvent la nuit pour tourner des films de zombies amateurs et qui, un soir de tournage, deviennent malgré eux les témoins d’un mystérieux accident de train. Un train dans lequel un extraterrestre voyageait en classe éco. L’histoire est avant tout un prétexte qui en sert le concept : Super 8 revisite la filmo de Spielberg et rend hommage à l’entertainer d’une génération entière. Place donc à un greatest hits des films Amblin, ces films (Retour vers le futur, les Goonies, ET) qui ont bercé notre enfance et assuré le soft power yankee durant une bonne décennie. Problème, ce cover film est signé JJ Abrams, celui-là même qui aime porter des robes et se faire appeler Gigi la nuit. Et il a compilé tous les ingrédients du ciné 70/80’s dans sa madeleine de Proust industrielle.
* Le héros plus petit que ses copains mais qui s’en branle parce qu’à la fin c’est lui qui serre la seule fille de la bande : check.
* Le fatboy dont le capital sympathie n’a d’égal que le capital bonnasse de sa grande sœur : check.
* Le débilo qui a une lubie complètement conne du style les pétards : check.
* La seule-fille-de-la-bande qui compense son absence de boobs par un début de bouche à pipe qui animera plus d’une récré d’ici un à six mois : check.
* L’acteur inutile mais qui a un faciès de Baldwin certifié 80’s : check.
* Le papa du héros qui entrave peanuts à la pré-adolescence, à la paternité, au deuil et toutes ces conneries mais qui est shériff adjoint et ça, ça se respeskte : check.
* Les oldies de l’époque, le BMX, le walkman, les théories de conspirationnisme et les hairy pussies pour ne citer qu’eux : check.
JJ Abrams a beau nous vendre son best of Spielberg, personne n’est dupe, c’est son habituel cinoche en préfabriqué avec son lot d’effets de surprise en carton qu’il nous sert. Avec sa SF de starfucker, Gigi s’éloigne de ce qui fît l’essence de la période 78-84 de Spielberg : la bienveillance de son auteur caractérisée en autres par les aliens pacifistes de Rencontres du 3ème type, cet inoubliable threesome interspacial. Super 8 à huit n’a, lui, de bienveillance que pour vos dollar$ durement gagnés au prix de la sueur et/ou du foutre.
Non content de nous arnaquer, JJ nous a élaboré une histoire qui, si elle se tient durant une petite heure, décolle vers une voie lactée de connerie encore jamais explorée :
1) Elle Fanning disparaît et ses potes semblent s’en apercevoir parce que c’est noté dans le script.
2a) Le héros qui du haut de ses 1m30 sermonne l’alien à base de « bad things happen nigga, love, Kanye. »
2b) L’alien qui, ému, décide de construire son vaisseau en moins de temps qu’il n’en faut à Carglass pour réparer un pare-brise alors que ça fait bientôt 1h45 qu’on attend qu’il retourne dans son Bamako intersidéral.
3) Le vaisseau extraterrestre a aimanté toute la ferraille du conté, les Cadillac tournoient dans le ciel mais c’est en tout dernier que le médaillon du héros (au poids approximatif de 2 grammes) s’envole.
En bon pilleur culturel, JJ Abrams a certainement plus d’un tour dans son sac : un Die Hard 9 ? un reboot de L’arme fatale ? un spin-off sur Jar Jar Binks ? Peu importe qu’il n’en ait pas encore écrit le scénario, Gigi répand déjà la rumeur : son prochain film sera énorme.

6 août 2011

JE SUIS ALLE VOIR UN POWERPOINT AU CINEMA

En ce moment, à la rédac', c'est simple : on fout rien. On n'arrive pas avant midi, on mange ce que nous a préparé Ram', on écrit deux trois conneries devant une cassette vidéo, on répond au courrier de nos cons de fans et de haters puis on se casse. Vers quatorze heures. C'est un peu dans cette optique de branleur que je suis allé voir Les Contes de la Nuit, le film d'animation de Michel Ocelot. Moi j'ai jamais vu Kikirou et la Sorcière, mais bon, j'y allais en me disant que m'asseoir tranquillou devant un powerpoint avec un scénar (pour enfant) ne devait pas forcément nécessiter l'activation de mes deux neurones estivaux.
Les Contes de la nuit, c'est six scénettes différentes, entre lesquelles Michou se met en scène dans la peau du scénariste devant sa machine à écrire – alors qu'on se doute bien que ce capitalo bosse sur un Mac hors de prix – avec deux acolytes acteurs et dessinateurs, décidant à chaque fois du contenu et de l'habillage de la prochaine histoire. C'est eux, un homme et une femme, qui vont être parachutés à chaque fois dans des rôles différents, même si elle incarne surtout une princesse et lui un prince ou un chevalier ; on reste quand même dans des contes pour enfants hein, si t'étais venu dans l'optique de voir du dragon japonais enculer une lycéenne à coups de tentacules, tu foutras le camp rapidement.
« Mais les histoires de princes et de princesses c'est pas un tout petit peu chiant ? Comment ça peut valoir Bleach et Dragon Ball, que je mate depuis ma jeunesse ? », te demandes-tu probablement, armé de ton bagage culturel de chez Bandaï : eh ben le résultat, c'est que c'est sympa et on se marre assez. Je garde pas un souvenir très édulcoré du premier conte. Plutôt basique, il parle d'un prince loup-garou trahi par la meuf qu'il vient d'épouser. La soeur de la pute veut se le taper depuis des années. Ca finit bien. Le deuxième c'est de la bombe. Un Antillais atterrit au pays des morts et passe une série d'épreuves pour obtenir deux récompenses d'un roi, sa fille et la moitié de son territoire. Il s'en sort in extremis grâce à une abeille, une mangouste et un iguane (c'est okay les mecs, on est dans les dom-tom) et le roi pourra malgré tout aller se faire foutre. Du bon. Entre parenthèses, le doubleur et son accent des îles forcé raviront sûrement les débilos fans de Michel Leeb.
Le troisième est un peu plus chiant et annoncé « plus noir » bien que ça se passe cette fois chez les Incas. Dans une ville d'or, les habitants se collent à leur rituel annuel, refiler la Miss locale à bouffer à une bête dégueulasse. Un chevalier digne d'un white knight de l'internet débarque et fout le bordel pour sauver la belle. Pas mal. Le quatrième conte se tient en Afrique, il traite d'un jeune qui fait chier tout le village avec son tam-tam, un peu comme les mecs de l'Unef dans les facs. Un vieux lui refile un tam-tam magique, qui oblige celui qui l'écoute à danser sans pouvoir s'arrêter. A la fin, la tribu ne peut s'empêcher de danser alors qu'il joue juste sur un tam-tam normal. Moralité facho : la danse est génétique chez l'Africain. C'est du propre, Michel. L'avant-dernier conte : l'histoire d'un prince Mongol qui ne ment apparemment jamais, amoureux de son cheval qui parle, duquel il va pourtant extraire le coeur pour refiler à une belle salope de princesse sans coeur – de façon imagée cette fois. La fin est si frustrante qu'on veut se lever et aller en mongolie distribuer des coups de pelle à tout le monde. 
Le dernier conte : je ne l'ai vu que partiellement. Une autre histoire de princesse tristounette. Je me souviens seulement d'une des dernières phrases : « Mon Prince ! Que vous avez tardé à me caresser ! ». Des contes pour enfants. Bon, Les Contes de la nuit manquent peut-être de 3D et d'explosions mais ça reste pas mal pour un cinquième film, surtout qu'on se fait vite aux graphismes. La prochaine fois, je vous parlerai de Tom et Jerry et la flûte anale. Bise.