30 juin 2011

LE TOP ASBAF DES SIX PREMIERS MOIS

On est fin Juin, c'est l'été, t'as sorti ton short à fleurs de beauf et ta meuf ses tongs trouvées à moins quatre-vingt quinze chez Zara pour aller bouquiner le dernier Marc Lévy à la plage, manque de pot, t'as acheté les mêmes à ta sœur, du coup elles vont tirer la tronche toute l'aprem' histoire de suppléer la canicule pour t'emmerder. T'as plus qu'à te barrer au ciné, on garantit rien question connasses mais au moins c'est climatisé.
Nous, à la rédac', on a fait rapidement le bilan de notre année de winners, on a même invité une célèbre bloggeuse-cinémaman à boire un verre, mais en vérité c'était surtout pour qu'elle rafistole nos tee-shirts ASBAF érodés par ses lapdances habiles... qui sème le vent machin-chose, proverbe du New Orleans.
Au bout du compte, on s'est dit qu'on a majoritairement un lectorat d'étudiants, de chômeurs et de retraités donc vous n'avez de toute façon rien d'autre à foutre que d'aller sur ASBAF lire un article, on vous a donc concocté des "tops" de ces six premiers mois de 2011. Here we go, vous pourrez même cliquer sur certains films pour accéder à leur review sur ASBAF.
Pires films en 3D pour lesquels t'as raqué deux euroubles supplémentaires pour peanuts, tout juste trois plans en relief, la pub Oasis en six dimensions et une paire de lunettes de 2 kilos :
#1 Thor
#2 Tron : Legacy
#3 Pirates des Caraïbes 4
#4 Sanctum
Pires films français pourtant sans Mélanie Laurent :
#1 Pater
#2 La Conquête
#3 Voir la Mer
#4 La bande-annonce de La fille du puisatier
Meilleurs films avec Matt Damon ou un sosie de Matt Damon :
#1 L'agence
#2 True grit
#3 Au-delà
#4 Le fils à Jo
Meilleurs films dits "comiques" pourtant dépourvus d'un semblant de gag, non pas que ça soit des trucs sérieux, plutôt l'oeuvre de réals incapables et d'acteurs aux rabais :
#1 Low cost
#2 Philibert
#3 Monsieur Papa
#4 Rien à Déclarer
#5 La chance de ma vie
#6 Halal Police d'Etat
#7 Ni à vendre ni à louer
Meilleurs inédits en France, le genre de bons films dont un distributeur se débarrassera en les sortant entre Noël et le Nouvel An :
#1 It's kind of a funny movie
#2 Super
#3 Howl
#4 Two Gates of Sleep
Meilleurs films juste parce qu'il y a une ou plusieurs sacrées bonnasses à poil, un cul à se damner et des seins à baver sur son tapis de souris :
#1 Bon à Tirer
#2 Very Bad Trip 2
#3 Sucker Punch
#4 Medianeras
#5 Somewhere
Meilleurs films dont tu savais même pas qu'ils étaient à l'affiche et encore moins qu'il n'y sont plus, films que trois personnes en France ont vu, ils n'en tirent d'ailleurs aucune gloire... mais ils l'ont vu :
#1 Sale temps pour les pêcheurs d'Alvaro Brechner
#2 Toumast - Entre Guitare et Kalashnikov de Dominique Margot
#3 Images de femmes ou le corset social de Jean-François Ferrillon
#4 Pornographie mémorielle : des pièges de la loi Gayssot de Béatrice Pignède
Meilleurs films avec Kad Merad : 
N/A


Meilleurs films par taulier de ces six premiers mois parce qu'il faut quand même pas déconner, chez ASBAF on est l'incarnation 2.0 du bon goût :
L.M. Akwell Vincent Thomas
#1 Une Séparation #1 Midnight In Paris #1 Le Gamin au Vélo #1 Super
#2 Le Gamin au Vélo #2 Green Hornet #2 127 Heures #2 Green Hornet
#3 Drive Angry #3 Balada Triste #3 Bon à Tirer #3 King's Speech
#4 Never Say Never #4 La Proie #4 Carancho #4 The Rite

Voilà, maintenant tu sais ce qu'il faut aller acheter chez Megaupload. Un bon paquet de daubes devrait venir boucher les chiottes de la fin 2011, donc stay tuned sur ASBAF d'ici là.
Bise les cocottes.

23 juin 2011

OMAR M’A VOLER MON IPHONE

On se rappelle tous de ce terrible fait divers, le corps sauvagement assassiné de la veuve Marchal au fin fond de sa cave, l’ultime aveu de sang séché de cette femme massacrée, le regard désemparé d’Omar Raddad que tout accuse… « Omar m’a tuer » Une erreur de conjugaison qui fait encore froid dans le dos. Jacques Vergès a défendu Omar corps et âme, Jacques Chirac lui a octroyé la grâce présidentielle, rien n’y fait, le doute plane encore vingt ans après : mais qui donc ne connaît pas son passé composé ?
Par sa puissance fictionnelle évidente, Omar m’a tuer espère réhabiliter Omar Raddad, cet homme que tout innocente aujourd’hui. Le film est réalisé par Roschdy Zem qui entend bien par là dénoncer le racisme ordinaire et le réflexe discriminatoire des Français envers leur communauté arabe. Excellente idée ! D’autant plus que pour trois kebabs achetés je me suis vu offrir ma place pour Omar m’a tuer.
Zem passe 1h30 à balancer des faits allant dans le sens de l’innocence de Raddad tout en glissant ci et là les quelques réserves que l’on peut tout de même émettre. Généralement, ce genre de film éveille les consciences bien-pensantes de la frange 45-65 ans des spectateurs qui débattent toujours après la séance sur un ton de JT de France 2. Tendez l’oreille, dans ces conservations reviennent constamment ces quelques mots clés « injustice » « tolérance » « mais tout à fait » « les mentalités » « immigration » « oui enfin Tunisie, Maroc c’est pareil, on s'est compris. » Le problème de ces films qui se basent (se calquent) sur un fait divers, c’est qu’on en oublie de parler cinéma. Allah merci, il y a toujours une dame plus finaude que ses copines pour conclure le débat humaniste : « Pour un arabe, dis donc, Roschdy Zem a fait du bon travail. » « Votre salle de bains est enfin carrelée, Carole ? Ah, vous parlez encore du film, pardon. »
Omar m’a tuer témoigne d’une société où le Français maugréait sa discrimination et vivait mal son racisme. Régnait à l’époque une hypocrisie sous-jacente qu’illustre bien l’affaire Raddad : l’incrimination de l’« arabe » fût au prix de preuves plus que discutables, voire truquées. Vingt ans après, pour le bien de la collectivité, les mentalités ont considérablement évolué. « Mec, je me suis fait chourrer mon Iphone à la Fête de la musique » « Putain d’arabes » « Non c’est Benoît qui me l’a tiré » « Putain Benoît, depuis qu’il traîne avec des arabes… »
S’il interroge (un peu malgré lui) la société d’alors sur sa citoyenneté, Omar m’a tuer se contente surtout de mettre en images la fiche wikipédia de l’affaire. On ne sort jamais du cadre « fait divers » et on s’attèle très peu sur l’homme (pourtant bien interprété par Sami Bouajila) sinon en qualité de personnage principal de l’affaire. Dépourvu de mise en scène (donc d’identité), il se détache du film, sous son impersonnalité la plus totale, une honnêteté qui le sauve à peine du tout-venant de l’industrie hexagonale dont le plus beau fer de lance reste ce mois-ci L’élève Ducobu, prequel des 400 Coups de Truffaut.
Pour conclure, m’étonnerait pas que dans vingt ans (en 2031 quoi), vous lisiez dans le numéro de juin d’ASBAF International (votre webzine multimédia holoprogrammable en 12G+, traduit en 37 langues et digitalisé jusque sur la Lune, au rythme où vont les choses) la critique du film adapté du dernier fait divers à la mode : le tabassage à mort de la collégienne de 13 ans dans l’Hérault. Farouk ma deffonss. Un film poignant.

18 juin 2011

ASBAF DEVIENT AMERICAIN

Salut les putes, cette semaine était un peu reloue, entre nos gogo-danseuses en arrêt maladie ou en congé maternité (si j'attrape celle qui a percé les capotes), on s'emmerdait grave à la rédac', on avait même pas le modjo pour décrocher le téléphone et insulter des lecteurs, c'est dire...
Hier aprèm', Ramona nous appelle (notre dactylo-femme-à-tout-faire, si vous suivez un peu ASBAF) et s'affole à vingt mots par seconde. Généralement quand elle s'affole, son Roumain prend le dessus, donc c'est seulement après cinq minutes de décodage digne des Experts : Melun qu'on parvient à capter son ramage : "Vi z'âtes dans lé Stidio Cina Love y plane pige". On descend chez le marchand d'journaux feuilleter ses revues : on était effectivement dans le Studio Ciné Live, en pleine page. Grand merci Ramona, on te paiera des cours de langue.
« Un petit clic pour lire vaut mieux qu'une grande claque. »
Voilà, bon, Studio c'est pas les Cahiers du Cinéma mais on va pas cracher dessus hein (en vrai on leur fait un bisou, l'article nous fait presque passer pour des mecs sympa). Et puis maintenant tu pourras dire que tu nous connaissais avant qu'on soit mainstream et vendus à la solde du patronat et de l'empire yankee. Mais à part si on nous propose des gros chèques, on devrait pas trop changer de ligne éditoriale, tu peux souffler.
Sur ce, salope de « communauté d'irréductibles tout aussi dingues que [nous] », bon week-end.
Les Tauliers.


PS : Et un franc et chaleureux WELCOME CONNARD aux petits nouveaux et aux petites nouvelles qui débarquent.

14 juin 2011

SUPER : JUSTICE PARTOUZE

Je poursuis l'appel lancé par mon camarade : NON ! Non, j’irai plus jamais voir un film de super héro. Aux chiottes les reboots dans ton cul des franchises mille fois plus éculées que l’assise de ta maman. A la fosse tous les block-busters de Batman la prostituée résignée du crime. Ca fait trop longtemps que Batminou se laisse tranquillement vandaliser par des injusticiers pas encore assez lasses de souiller de leurs actes moribonds les belles rues de Gotham. 20 ans qu’on vous sert la même soupe à la marde. Stop aux fiottes qui passent trois jours et trois nuits après chaque films pour mettre leurs petits doigts graisseux d’obèses sur les différences et les anachronismes avec le comics, OSEF de ta sous-culture. A mort Superman, Capitaine America, Thor, Green Lantern et leurs costumes aberrants de stupidité. Quelles histoires plus laides et plus niaises portées à l'écran que celles des héros de comics ? Quelle beauté l’esthète de con cinéphile trouve-t-il dans les mouvements balourds de bétasses mutées au chromosome 21 qui volent et courent et poussent des cris comme un constipé pousse un étron sur son trône de céramique, en soupirant une agonie brute de bête blessée ? Que d’la daube. Que des putes obtuses qui parlent de justiciers sans jamais parler de justice.
Heureusement, venu pour venger nos sens meurtris par tant de scénarios inélégants, The Crimson Bolt est là, remerciez votre cul apathie et vos jambes de vous avoir porté lourdement jusqu’à la séance, c’est fun, c’est cash, c’est trash : c’est Super. Un coup de poing souverain dans tes dents, un traquenard absolu pour ton bulbe, choisis ton superlatif et entre dans la bataille. Frank (aka Crimson Bolt) a déjà choisi son arme, il sera philosophe de la clé à molette : quoi de mieux qu’un outil pour réparer l’injustice ? En tout cas dans son trou paumé d’Amérique Frank a compris que rien mis à part l’extrême ne réglera son problème. Et c’est donc à coups de clé de 12 qu’il génocide ce qui est mauvais au profit de ce qui est juste. Enfin un couillu qui ne se pose plus de question, t’entends Batmoule ? Enfin un héro qui trouve son fondement dans le désir profond de faire respecter le juste et n’attend pas d’avoir les moyens pour donner son cul.
Je dois bien l’avouer, pendant les premières minutes je me suis dit que c’était en fait juste un gros pastiche de Kick-Ass. L’histoire reprend effectivement le même thème et grosso modo le film est construit de la même façon. Mais à force de scènes chocs et de répliques cultes Super acquiert sa propre identité (pas comme toi petite merde d’hipster, tu n’en auras jamais). J’écris cette phrase parce que je sais que ça va nous rapporter des visites avec les mots clés, mais comme c’est vraiment dans le scénar ça reste fairplay : Dans Super Rainn Wilson se fait violer par Ellen Page et baise avec Liv Tyler. Quelque part, même si c’est pas dans ma bucket-list, c’est quand même un sacré fantasme qui prend forme sous ma gueule ébaubie et j’imagine que chez les geeks ça doit surfer sur des mers de foutre rien qu’à l’idée de mater le corps pré-pubert de cette chère Ellen en costume lycra. Niveau réplique ça balance aussi du pâté en croute, mon oreille n’avait pas autant sur-kiffé que depuis qu’une ancienne aristocrate russe devenue prostituée de luxe ne m’avait récité les 10 dernières chroniques publiées sur ASBAF en pleurant de joie (c’était hier soir, chez ta mère).

Dans ses moments les plus louches Super me rappel Capitaine Orgazmo, la première production des papas de South Park. Bolty l’acolyte folle du cul jouée par Page y est pour beaucoup. Et Franck en Samaritain pro prosélyte ne fait que renforcer cette impression. Le duo comique produit bien son effet. Côté réalisation ça reste du James Gunn, autrement dit c’est aussi appréciable qu’un bon domac quand on sort d’un restaurant végétarien (quelle doit être triste la vie de végécon, si on ne doit pas manger les animaux pourquoi foutre-dieu sont-ils remplis de côtes de bœuf ?). Seul bémol : l’histoire con-con qui trouve cependant son fondement dans la volonté de construire ses caractères comme on place ses pions sur un échiquier, à chacun son rôle et son camp. L’histoire donc c’est Frank… Bon j’ai la flemme je vous fais un copier-coller de IMDb traduit par reverso : « Après que sa femme tombe sous l'influence d'un trafiquant de drogue, un type quotidien se transforme dans le Boulon(Verrou) Cramoisi, un superhéros avec les meilleures intentions, quoiqu'il manque pour des habiletés(compétences) héroïques. ». On dit donc merci à Gunn pour s’être autant cassé le cul à nous pondre une histoire si profonde et on fait aussi un coucou aux équipes de chez Reverso.
Le film débute l'air de rien et plus il se poursuit plus on est surpris par le ton désuet et les agissements irresponsables et débiles des protagonistes. On se laisse embobeliner par ce divertissement sans prétention. Et puis tout bascule. Et puis vient la fin. Il fallait un dénouement à la hauteur de cette histoire sordide. La soif de justice, cette géante inextinguible, vient d’emporter les murs en ruines de la morale dans un tourbillon de violence meurtrière. Thémis la déesse aveugle à la balance vient d’être violée achevant le naufrage de nos préceptes : c’est le radeau de la méduse du judiciaire procédural. Ouep. Enfin bon, ne cherchez pas à y voir une apologie lyrique de la peine de mort, après tout ce n’est qu’un film où Rainn Wilson se fait violer par Ellen Page et baise avec Liv Tyler.

11 juin 2011

LIMITLESS : LA CRITIQUE DONT VOUS ETES LE HEROS

T’es un pseudo-écrivain, un genre de hobo chic avec le minois de la nouvelle idole des jeunes Bradley Cooper – ce qui ne t’empêche pas d’être largué par une bonnasse. Las d’une quelconque inspiration littéraire, on te propose une dope révolutionnaire (NZT) censée décupler l’activité cérébrale car c’est scientifiquement prouvé, l’homme n’utilise que 20% de son cerveau. Enfin, prouvé par des scientifiques à 20% de leurs capacités. Tu la gobes et carbures désormais à 100% dans ta caboche, reporte-toi au A7. Tu la refuses, rendez-vous au B1.

A7. Une chinoise t’attend sur le pas de ta porte, réclamant le loyer impayé. Tu la niques : à 300$ le cumface, tu développes un sens inné des affaires. Tu t’engages dans cette voie, direction A3. Tu rentres à ta case, au A6.

A6. Cérébralement à fond de balle, tu en profites pour… ranger, épousseter et refaire la déco de ton appartement. Puis tu écris ton foutu roman. Pas de doute tu as le sens des priorités. Ton manuscrit est consacré par ton éditrice, go to A5. Refusé, files au B1.

A5. Dans ta tête cohabite l’équivalent en neurones d’Einstein, Marie Curie et Jonathan de Secret story 3, t’es le plus grand surdoué de la Terre, alors forcément… tu vas créer le vaccin contre le SIDA ? régler les problèmes du développement durable ? Hein ? Tu te coupes les cheveux et t’inscris à un cours de muscu. Et tu apprends les langues du tiers-monde (chinois, italien) pour impressionner les serveurs thaï et rital quand tu commandes au resto. T’as beau être un génie, t’es foutrement con. Allez casse-toi au A4.
A4. Smart comme tu es, tu impressionnes la galerie dans les dîners mondains (tu parles d’é-co-no-mie wahou) et te retrouves invité en Amérique du Sud où tu niques plein de putes et roules en voiture de luxe dans les favelas. Tu règleras les problèmes de l’humanité un autre jour. Ton grand projet pour le monde, c’est en A3.

A3. Pour les ricains, l’intelligence suprême n’a que peu d’utilité dans un labo scientifique ou une assoc’ humanitaire, c’est à Wall street que tout se joue. De quelques milliers de $ tu passes à 12 millions en dix jours, t’es un Bernie Madoff puissance 1000, tu attises les convoitises, Bob DeNiro te mange dans la main, il t’invite à un déjeuner d’affaires, tu y vas en A2. T’as rencard avec un copine brésilienne, sex in A4.

A2. T’as beau être plus fufute qu’Alfred Nobel, t’as pas été foutu de capter qu’il ne te restait plus de pilule. Ta vie de rêve s’achève là, retour à la case B1. Des trafiquants de drogue sont à ta merci, t’es dans la merde jusqu’au cou, tu vas te balancer du haut d’un building en A1.

A1. Par je ne sais quelle astuce de scénario, tu t’en sors à l’aise et te retrouves un an plus tard sénateur et futur candidat à la présidence des United States d’Amérique. HAPPY END. Soit dit en passant, tu as complètement zappé tes velléités littéraires, tu n’es qu’une pute sous la tutelle du capitalisme.

B1. De retour chez toi, toi et tes 20% cérébraux torchez une histoire merdique qui paiera les factures. Tu tentes le coup auprès de plusieurs éditeurs, résultats des courses en B2.

B2. Un studio de cinéma t’appelle, ils ont adoré ton bouquin et veulent l’adapter au cinéma. Le titre ? Limitless : l’incroyable histoire d’un raté qui, grâce à une pilule et un postulat scientifique complètement fake, devient en moins de dix jours un écrivain de génie, un jet-setteur célèbre et un trader tout-puissant. « Les gens sont tellement cons, une histoire pareille ça va faire fantasmer leur QI à un chiffre, pour peu qu’on engage la dernière starlette à la mode ça va faire un tabac au box-office, mec ! »
Cet article a été écrit avec 15% de mon cerveau.

7 juin 2011

X-MEN: FIST CLASS

Ça sent mauvais en ce moment dans les vestiaires de la rédac. Après toute cette histoire d'antisémite zoophile / sadomaso chiites, je trouve que ça sent bizarre. Ça sent l'homme, le vrai, le mâle, celui qui a des couilles au cul. Ça sent la transpi et le comté. Ça sent le sport, la guimauve, la sueur, les pieds et le foutre. Et moi des odeurs pareilles, ça me donne des envies de révoltes. C'est donc le poing levé que je vous le dis Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs: Indignez-vous, dites NON ! aux conneries hollywoodiennes que l'on vous sert depuis 20 ans, dites NON ! aux producteurs qui vous enfilent depuis votre tendre enfance, dites NON ! quand ils continuent de vous enfiler en brisant tous vos rêves un par un. Vous qui passez votre vie en seconde sans jamais vous hisser aux côtés des grands de ce monde, c'est le moment de dire NON ! à la première classe et soyez-en fiers.
Fiers d'être vous-même, fiers de penser qu'un flim est une belle merde même si l'opinion publique veut qu'il soit tendance de l'aimer, fiers de crier haut et fort que les autres c'est des cons et soyez fiers d'assumer. Être fiers de ce que nous sommes, c'est aussi le message du flim chroniqué ici. Pour peu que vous ne l'ayez pas compris, il vous est répété 1000 fois, environ. Personnellement, j'ai accepté ma part de geek depuis quelques années. Mais je la revendique d'autant plus depuis que Matthew Vaughn est arrivé sur le marché et a décidé de s'attaquer aux adaptations de comics. Il faut dire qu'après son tour de force avec botte-cul, on pouvait attendre du réal des prouesses encore plus bluffantes pour reprendre le flambeau de la saga super-mutante, ancien maigre lot de consolation d'un Bryan Singer en perte de vitesse, finalement saccagée par les Brett Ratner et autres Gavin Hood du tout-à-l'égout Hollywoodien. Après le biopic consacré au serval, il aurait fallu y mettre un max de mauvaise volonté pour faire aussi nul.
X-Men: First Class, ce n'est pas un biopic sur la Fistinière comme je le pensais. Déçu, je me suis rabattu sur cette histoire de mutants qui manque de poings. Le pitch se concentre principalement sur la rencontre entre Xavier et Magnetoscope, entre bien et mal, sur la voie choisie par chacun et les raisons qui les ont poussés à les faire. Jusque là, tout le monde s'en doutait, et pour les plus férus lecteurs rien de nouveau. Avec un scénario granulé de fioritures et de centaines de détails chiants, Vaughn nous sert un flim avec des acteurs au-dessus de ce qu'on pouvait penser pour un résultat simplement dramatique.

Que cela soit dit, le flim n'est pas à la hauteur des attentes. Bien sûr sont présentes toutes les conneries de super-héros invincibles, dotés de pouvoirs plus ridicules les uns que les autres, d'exosquelettes en adamantium et autres forces psychiques et surhumaine qui font de simples trous du culs des mutants à demi-coolos. A demi seulement, car les mutants pour lesquels vous avez fait le déplacement sont quelque peu ridicules en plus d'être racistes. Chez les gentils, on trouve : un foutu loser télépathe en guise de leader qui se retrouve en fauteuil roulant dès sa première mission, un juif en quête de vengeance qui sait tordre les métaux et soulever les sous-marins – très pratique –, une métamorphe avec les atouts du poitrail féminin mais dénuée de caverne à mouille, un noir qui meurt en 5 minutes, une métisse polly-pocket qui fout le camp chez les méchants et trois autres bras cassés à qui je ne confierai même pas un mégot. Alors que côté méchants, ils ont la classe : une gonzesse télépathe sertie de diamants, un grand méchant qui te gobe l'énergie de 5 missiles nucléaires comme ta sœur pompe une équipe de foot, un téléporteur communiste, et un mec qui contrôle le zef. Whaouh, comme première classe, on ne pouvait rêver meilleure dream team. Bon je résume, alors on a des incapables contre des bêtes de foire.
Sur fond d'uchronie années 60 avec JFK, la guerre froide et tout le toutim qui va de paire, X-Men: First Class se cantone au strict minimum syndical, Bernard Thibault approved. Avec un sujet aussi vaste que les x-men, et la source infinie de pouvoirs hyper cools qui n'a que pour seule limite l'imagination de Stan Lee, Vaughn choisit de se restreindre à une minorité de pouvoirs et de personnages tous plus chiants les uns que les autres tout en répondant au cahier des charges du parfait flim raciste et gay. J'en connais un à qui ça a du plaire. Magneto et Xavier entretiennent une relation qui dépasse les limites du convenable et de la bienséance hétérosexuelle. Sur la fin, on se demande même s'ils ne vont pas se rouler des pelles sur fond de message humanitaire du genre "Faites-lui les fesses, pas la guerre". C'est ce que l'on appelle, une vraie bromance. Quant au sous-entendu de la franchise X-Men clairement défini comme "le racimse c'est pas bien", on s'aperçoit que Vaughn ne l'a pas bien saisi, puisque de sa fenêtre les latinos sont des gogo danseuses-traitres et les noirs des conducteurs de taxis cons qui meurent en deux minutes. Les gentils sont les juifs et les méchants les aryens.
A l'écran, les plans sont saccadés et se suivent parfois sans queue ni tête. La mise au point est un calvaire. Les scènes de combat sont expéditives, et les quelques plans aériens ratés. J'en suis venu à avouer que Favreau avait fait un bon boulot sur Iron Man, tant le cadrage de ce flim laisse à désirer. Cette fois, Michael Basterd Fassbender reprend le rôle d'Eric Magneto Lensherr laissé vacant par Ian Gandalf McKellen et lui succède avec brio. Face à lui s'affronte James Wanted McAvoy en Pr Charles Xavier précédemment interprété par l'increvable Patrick Jean-Cul Picard Stewart, qui démontre pour la première fois de sa carrière qu'il peut jouer autre chose que le mec qui comprend pas ce qu'il lui arrive, une véritable surprise. Kevin Bacon que l'on avait pas vu dans un rôle de plus de trois mots depuis l'échec cuisant de L'Homme invisible, revient sur le devant de la scène dans le rôle d'un ancien docteur nazi reconverti en grand méchant vraiment pas gentil. S'ajoutent au casting deux-trois bonasses pour que le flim obtienne son taux de gros nibz et de petits culs indispensable pour l'attraction d'une population décérébrée.
Au final, cette première classe laisse un goût amer et un sentiment de lassitude face aux rengaines habituelles déjà servies et réchauffées par quatre fois. C'en est indigeste. Il conviendrait toutefois de préciser que le flim reste indéniablement le meilleur de la saga, sans pour autant chambouler la donne niaisement cadrée des adaptations Marvel. Sur ce, je retourne voir la bande annonce du prochain Transformers et me branler en cercle avec tous les autres blogueurs ciné sur des pix de Fincher.